Artimuse, ce duo d’artistes roubaisiens qui sculpte à partir de cagettes en bois

Dans Culturons-nous, Dans la rue
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Vous avez peut-être déjà croisé le chemin de l’une de leurs sculptures. La particularité du collectif Artimuse, c’est que ses deux membres, Méli et Simon, ont recours à une technique originale bien à eux. Ils fabriquent leurs structures à partir de cagettes en bois. Leur dernière création, un ours polaire grandeur nature, est en ce moment exposé devant la librairie Autour des Mots, à Roubaix.

Ça fait déjà deux ans qu’Artimuse combine art et upcycling. Méli et Simon, deux potes trentenaires, fabriquent de grands animaux à partir de ces palettes, récupérées dans les Biocoop de la métropole lilloise. Une fois les marchandises livrées par les fournisseurs, les magasins mettent les cagettes de côté pour les détruire. Du coup, le duo d’artistes a préféré leur donner une seconde vie. “On avait cette idée de revaloriser un matériau voué à la destruction. C’est aussi un moyen de faire de gros volumes sans dépenser une fortune“, glisse Simon. Ça reste quand même un travail minutieux parce qu’ils doivent dépiauter toutes les cagettes eux-mêmes pour obtenir des fines lamelles, ensuite peintes à la main. Ils bossent soit là où sera exposée leur œuvre, soit dans leur atelier roubaisien.

Méli et Simon, les sculpteurs de cagettes.

80 kg pour 2,30 mètres

Pour vous donner une idée, ils leur en a fallu une centaine juste pour construire l’ours polaire. Ça fait une semaine que ce beau bébé de 80 kg pour 2,30 mètres trône fièrement en face de la gare de Roubaix, à côté de la librairie Autour des Mots. À la base, le bestiau devait faire partie de la déco du marché de Noël zéro déchet de la ville. Après son annulation, les deux artistes ont su trouver des alternatives pour que vous puissiez quand même admirer leur taf.

Le fameux ours polaire.

Une fois que les lieux culturels seront ouverts au public, vous pourrez découvrir d’autres de leurs créations au Colysée de Lambersart.On a fait une énorme main avec un arbre qui pousse à l’intérieur. C’est la première pièce qu’on a fait qui n’est pas animalière“, intervient Méli. Si jamais vous passez dans le coin, vous pourrez aussi apercevoir à travers la vitre du musée une petite fille et un renard. Sinon, pour ceux qui habitent du côté de Marquette, vous avez sans doute déjà vu leur dragon à plumes, une œuvre monumentale. Mais la ville, qui leur avait passé commande, a dû le démonter il y a quelques mois. En fait, le bois n’est pas traité et, comme les sculptures sont en extérieur, elles se désagrègent et peuvent devenir un peu dangereuses à la longue.

Mais on vous rassure, les deux sculpteurs de cagettes comptent prendre grand soin de leur ours et ne le laisseront pas dormir dehors dans le froid. “À Marquette, on a deux autres pièces en extérieur. Un cochon à la maison d’accueil spécialisée et un scarabée dans un centre social“, complètent Méli et Simon. De quoi ponctuer un peu vos balades si vous êtes dans les parages.

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