La dernière centrale à charbon de Lille a cessé de fumer

Dans C'est green, Lille
Scroll par là

Oui, il y avait encore une centrale à charbon en activité à Lille. Située à Fives, juste derrière le petit Maroc, elle tournait depuis trente-cinq ans sans interruption. Mais, bon. On est quand même à l’ère de l’écologie et de la lutte contre les particules fines. La Métropole a trouvé un nouveau moyen d’alimenter la ville.

On peut remonter au siècle dernier pour démarrer cette histoire. En 1985, Lille est déjà une ville pas mal grosse, et alimente ses foyers en électricité grace à tout un tas de petites chaufferies au charbon, disséminées un peu partout dans la ville. Sauf que ces petites centrales s’approchent gentiment de la vétusté, et sont bien polluantes. L’idée de créer une centrale à charbon générale pour tout Lille entre dans la tête des dirigeants. Et voilà qu’à Mont de Terre, à Fives, la centrale Résonor est construite.

A l’époque, c’est le top du top. Pour rappel, les mines de charbon sont encore exploitées dans la région (la dernière, à Oignies, fermera en 1990). Une centrale toute neuve qui a des filtres plus efficaces, ça semble comme une idée du tonnerre.

Sauf que les temps ont changé, on ne vous apprend rien. Le charbon, ce n’est plus ce qu’on préfère, et globalement, le nucléaire, l’éolien et le solaire ont remplacé toutes ces centrales polluantes. Il restait, à Lille la centrale Résonor. Ceux et celles qui habitent dans le coin connaissent ses cheminées bleues, juste à côté du chemin de fer. Elle a cessé de fonctionner le 18 janvier dernier. Comment alimenter les milliers de foyers qui en dépendaient ? Par nos ordures, répond la MEL.

Groupe turbo-alternateur

Depuis 2017, la communauté urbaine a entrepris des travaux d’envergure pour créer un réseau de chaleur entre Lille, Mons-en-Baroeul, Villeneuve-d’Ascq et Roubaix. Il sera alimenté par le centre de revalorisation énergétique des déchets d’Halluin. En gros, les déchets produits par les habitants de la MEL sont cramés à Halluin et la chaleur générée crée de l’électricité. Sur le site du CVE, géré par Véolia, voilà comment le système est expliqué :

L’énergie dégagée par la combustion des déchets permet de produire de la vapeur surchauffée qui alimente un groupe turbo-alternateur : une partie de la vapeur est soutirée au niveau de la turbine pour alimenter un réseau de chaleur, le reste permet de produire de l’électricité via l’alternateur.” Chaleur et électricité sont ensuite exploitées pour chauffer et alimenter les infrastructures et habitations du territoire. Malin, hein ? Et moins polluant que le charbon.