[Top Cheffe] Léa Pochet, du Mother, pour l’amour de l’aventure et de la nature

Dans Food Porn, Lille
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Il y a deux ans, on lançait notre série d’été “Top Cheffe” où on vous faisait rencontrer des femmes talentueuses du coin qui méritaient un peu de lumière sur leur cuisine. Après des mois de disette avec la fermeture des restos, il était temps de lancer notre saison 2. Et on commence avec Léa Pochet, à la tête des fourneaux du Mother, disciple de Florent Ladeyn, et qui prône une cuisine simple, naturelle et efficace.

Léa a 27 ans et fait partie de ces personnes qui ne se rendent pas vraiment compte de leur petit côté badass. Parce qu’elle ne s’est jamais trop posé de questions, parce qu’elle a suivi son instinct, sa passion et les gens qu’elle admire, elle n’a finalement jamais ressenti cette peur de se planter ou de se retrouver seule, loin de sa famille nantaise. “J’ai toujours fait ce que j’aimais, donc je n’avais pas vraiment conscience des risques“, résume-t-elle.

Pour Léa, le secret, c’est finalement de se laisser porter. Et quand il y a des choix à faire, c’est pareil. “Petite, c’est simple, je voulais soit être cuisinière, soit chirurgienne.” Pour son stage de 3e, elle ne peut décemment pas squatter un bloc opératoire, alors elle demande à aller chez son oncle restaurateur aux Sables d’Olonne. “Direct, j’ai eu le déclic. Même si mon oncle m’a fait toute la liste des difficultés à être restaurateur, je savais que c’était ce que je ferai.

De la Mare aux Oiseaux au Vert Mont

Elle passe son BEP et son Bac pro dans une école hotellière de Nantes et démarre sa carrière dans les belles cuisines du chef Eric Guerin à la Mare aux Oiseaux, son resto 1 étoile. “C’était mon premier taf et je passais ma vie là-bas. J’y ai bossé deux ans et j’ai juste adoré : le chef était super humain, le cadre était génial, l’équipe aussi. Il n’y a eu aucune désillusion sur le métier, bien au contraire.

C’est à l’occasion d’un menu à quatre mains entre Eric Guérin et Florent Ladeyn qu’elle fait la connaissance du chef nordiste. Elle garde contact avec lui et en 2014, il lui propose un poste de cheffe de partie à l’Auberge du Vert Mont. Elle ne réfléchit pas vraiment et fonce. “J’avais 20 ans et envie de voir autre chose. Le danger et l’aventure, j’adore ça de toute façon.

La voilà qui débarque seule en pleine campagne flamande. “Je me souviens m’être totalement perdue et avoir du demander mon chemin à des passants car mon GPS ne captait rien du tout. Et quand j’ai finalement trouvé l’auberge, il n’y avait personne à part le papa de Florent qui jardinait.” Un brin déroutant pour la jeune Nantaise. Mais pas de quoi lui faire peur puisque la chaleur légendaire des gens du Nord va opérer. Très vite, elle va rencontrer les amis de ses collègues et prendre un appart’ à Bailleul. “En plus, c’était la saison du carnaval !

L’amour du produit.. et des herbes

Côté boulot, elle va entrer complètement dans l’univers de Florent Ladeyn. “Ce que j’adore chez lui, c’est l’amour des produits, le rapport au local et au raisonné. Je baigne toujours dans cet esprit aujourd’hui, ça me parle énormément.” Issue d’une famille qui aime la vie, la nourriture et la nature, Léa fait aussi partie de ces chef·fe·s qui passent leur temps libre à chercher leurs produits directement dans les champs ou les forêts. “J’ai un oncle agriculteur, un autre marin-pêcheur et mon grand-père était mycologue [spécialiste des champignons], dans la famille, on est comme ça.”

Après le Vert Mont, et toujours avec le soutien du chef flamand, elle part en solo pour quelques expériences dans une brasserie bailleuloise puis à la Lille. Elle va ensuite vivre l’ouverture du Bierbuik, rue Royale, où elle va tenir son premier rôle de co-cheffe. Et depuis octobre 2020, c’est donc la nouvelle cheffe du Mother. “C’est la première fois que je dois manager seule une équipe et insuffler ma propre cuisine. La mienne est simple, naturelle et efficace. J’aime les bons produits et faire découvrir de nouvelles choses aux gens qui goûtent mes plats.”

Quand on la rencontre fin juin à Lille, elle revient justement d’un week-end de cueillette dans une forêt près de Pérenchies où elle a glané de l’ail des ours. Son petit plaisir à elle, c’est les huiles d’herbes, vous l’aurez compris. “Je me rends compte que j’aurais pu aussi être jardinière“, plaisante-t-elle.

Si vous allez goûter sa cuisine, on vous conseille le tartare de bœuf. Non seulement c’est un plat dont elle raffole elle-même, mais en plus, elle le twiste comme jamais.

Le Mother, c’est au 29 Boulevard Jean-Baptiste Lebas.

Et si vous avez encore faim, on vous laisse (re)découvrir la saison 1 de Top Cheffe :