Il sera bientôt possible de visiter la crypte néo-gothique sous la Treille

Dans Culturons-nous, Lille
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Fermée pendant 25 ans, la crypte néo-gothique de la cathédrale de Lille prévoit après sept ans de travaux de réhabilitation une ouverture prochaine au public. C’est l’occasion de profiter d’un trésor culturel méconnu remis au gout du jour et sublimé par un important travail d’éclairage.

Le saviez vous ? Sous terre, la cathédrale Notre-Dame de la Treille abrite un trésor : sa crypte construite dans un style néogothique flamboyant avec ses briques rouges et blanches qui court sous le chœur et le transept de l’édifice. Pourtant, la crypte n’était même pas envisagée par les bâtisseurs de la cathédrale.

L’histoire de la cathédrale s’étend sur plus d’un siècle, et on va prendre le temps prochainement de vous la raconter. Mais ce que vous devez savoir pour les besoins de cet article, c’est que les travaux ont démarré en 1856. Pour parvenir à l’édification de la cathédrale, on entreprend de vastes travaux d’asséchement du terrain récemment arasé mais malgré ces initiatives titanesques, “le chantier reste infiltré par l’eau et un projet de crypte, non prévu au début des travaux, s’impose comme un impératif pour parvenir à soutenir le chœur et le transept de l’édifice“, raconte Thomas Sanchez, responsable culture et communication de la cathédrale.

Achevée en 1937, la crypte néo-gothique est un peu à l’image de la démesure du projet architectural situé un étage au dessus : monumental. Complétée par la crypte moderne, ouverte en 2003, abritant le Centre d’Art Sacré du diocèse, les deux ensembles forment “un espace quasi continu de 2 500 m², les parties néo-gothique et moderne forment ensemble l’une des plus grandes cryptes d’Europe“.

Sous les dalles, la crypte

Pendant plusieurs années, la crypte de la Treille sert de refuge à une communauté greco-catholique ukrainienne réfugiée en France : ces derniers y célébraient leurs liturgies. L’endroit par la suite ferme ses portes et n’accueille bientôt ni visiteur ou fidèle pendant près de 25 ans. Un projet de réouverture porté par le recteur de la cathédrale de l’époque, Arnauld Chillon éclot en 2015. Le prêtre souhaite “rendre aux Lillois un trésor patrimonial exceptionnel encore trop méconnu”, raconte Thomas Sanchez.

Confié à deux associations de la communauté catholique locale, Les Amis de la Cathédrale et la fondation Treille Espérance, le projet financé en grande partie par les dons des fidèles met sept ans à aboutir. Les travaux menés ne constituent pas en soi une rénovation. “La crypte n’a pas subi pendant sa fermeture de dégâts matériels importants ni d’avaries. Le projet actuel s’apparente davantage à un projet de réhabilitation de l’endroit.” Système d’éclairage moderne, nettoyage approfondi et la mise aux normes : le lieu a eu droit à un petit lifting.

Il vous sera bientôt possible d’accéder à ce trésor néo-gothique “d’ici la fin de l’année si la situation sanitaire le permet, sinon il faudra espérer printemps 2022 pour une ouverture officielle.” Avant d’accéder à la crypte par un escalier situé près du grand orgue, les visiteurs devront payer “un droit d’entrée symbolique“. Les visites s’effectueront en groupe. Au maximum 19 personnes déambuleront dans les couloirs des souterrains de la cathédrale et ce avec un guide.

Autel originel de la cathédrale déplacé dans la crypte, remplacé par l’autel octogonal en bronze situé actuellement dans le chœur principal.

Lors de ces déambulations souterraines, vous pourrez admirer de nombreux trésors inconnus du grand public. Dans les chapelles absidiales, vous trouverez les tombes de nombreux personnages importants de la communauté catholique lilloise :

  • Les tombes de Philibert Vrau et Camille Féron Vrau, deux beaux-frères et industriels lillois, acteurs importants du catholicisme social au XIXème siècle. Les deux loustics sont quand même dans un processus de béatification et l’un deux, Philibert est surtout connu pour avoir fondé la Catho en 1875.
  • Les tombeaux des évêques de Lille et notamment celui d’Achille Liénart, à la tête du diocèse pendant plus de 45 ans entre 1928 et 1973. Il est le seul cardinal lillois de l’histoire et a participé activement à la réforme de l’Eglise au concile Vatican II.

La partie de la crypte située sous le chevet de la cathédrale sera un futur lieu d’exposition du matériel liturgique du diocèse. “On prévoit d’exposer sept vitrines présentant différents objets liturgiques et des pièces d’orfèvreries” nous confie Thomas. C’est l’occasion d’observer d’un peu plus près les Calices et encensoirs de l’évêché.

Dans cette même pièce sur les murs, vous pourrez observer de nombreux cénotaphes, monuments funéraires ne contenant pas de corps, des généreux donateurs de l’époque qui ont participé à l’érection du bâtiment et de la pierre tombale de Jean Levasseur, ancien maire de Lille qui offrit les clés de la ville aux pieds de la statue de Notre-Dame de la Treille.