Masséna-Solfé : la mairie annonce quatre établissements fermés, et dix reclassements en bars

Dans Lille, Night Night

@Quentin Douroux

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C’est un communiqué conjoint de la mairie de Lille et de la préfecture qui est tombé en début de semaine : après plusieurs opérations de contrôle en octobre, une dizaine de bars-discothèques du secteur Masséna-Solférino sont visés par des procédures de fermetures administratives et/ou de reclassement. On est aussi allé sur place pour parler avec des gérants de la situation.

La maire de Lille, Martine Aubry, parle depuis plusieurs mois de son agacement face à ces bars qui contournent les horaires de fermeture des bars fixés par la mairie en se déclarant comme boîte de nuit. En juin, alors qu’elle annonçait les nouveaux horaires en expérimentation, elle avait également déclaré avoir pris contact avec la préfecture pour faire reclasser les établissements concernés et prouver que ce n’étaient pas des discothèques.

L’été est passé sans trop de remous. Mais, depuis la rentrée, la vie nocturne lilloise a repris des couleurs et des décibels. Un secteur en particulier fait parler de lui : Solférino-Masséna. La rue de la soif et sa voisine sont régulièrement pointées du doigt par les riverain·e·s pour leurs nuisances sonores mais aussi leurs problèmes de sécurité.

Deux grosses opérations en octobre

Depuis plusieurs semaines, les polices nationale et municipale y multiplient donc les opérations de contrôle. Selon La Voix du Nord, une première vaste opération menée le 7 octobre avait fait fermer trois bar-boîtes de nuit du secteur par la commission communale de sécurité incendie qui aurait relevé de gros manquements. Une deuxième opération, le 19 octobre cette fois-ci, a fait fermer un quatrième établissement. Et à chaque fois, cinq lieux (dont les fermés) ont été reclassés de boîte de nuit à débits de boissons :

On a demandé la liste des établissements concernés à la mairie de Lille et la voici :

  • Les établissements fermés administrativement :
    • Velvet
    • O Paradiz
    • Le Base Camp
    • Le Razorback
  • Les établissements “déclassés” qui devront désormais fermer aux mêmes horaires que les autres bars, à 1 heures ou à 2 heures selon le jour.
    • Le Magnum
    • Le Barberousse
    • Le O Paradiz
    • Le Base Camp
    • Le Razorback
    • Le Seven Bar
    • Le Velvet
    • Le Zeppelin
    • Le O’Corner
    • La Plage

La mairie a également fait savoir que pour les quatre spots fermés, elle avait saisi la procureure de la République pour mise en danger de la vie d’autrui, au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale. On ne connaît en revanche pas la durée des fermetures.

On en pense quoi sur place ?

Avant de vous publier cette liste, on est aussi passé par Solfé-Masséna pour papoter avec certains gérants. Certains concèdent qu’il y a bien quelques soucis de conformité dans certains spots mais surtout de sécurité globale dans les deux rues. “Mais on ne voit pas en quoi réduire nos horaires va régler le problème, ça va juste le déplacer, explique l’un deux qui préfère rester anonyme. Nous, on demande depuis longtemps plus de présence policière sur place ou de fermer la rue à la circulation. Moi je n’ai aucun problème avec la police, au contraire, je suis content quand elle est là.”

Une impression de stigmatisation règne de plus en plus dans la rue de la soif. Certains ne comprennent pas comment on peut leur reprocher d’être passés “légalement” en statut boîte de nuit après 2014, année où la charte de la vie nocturne de la mairie est revenue sur la dérogation des horaires de fermeture. “Cette rue de la soif, elle a été créée à l’origine pour éviter que les jeunes ne partent en Belgique et ne se tuent sur la route. Et maintenant, on la stigmatise.”

Beaucoup attendent aussi de voir maintenant ce que donnera le nouveau comité de la vie nocturne annoncé par la mairie. Sans forcément beaucoup d’espoir. En attendant, la mairie et la préfecture ont déjà annoncé de “nouvelles opérations” et ajoutent être “déterminées à apaiser le secteur Masséna-Solférino“.