Avec Roro Mawouane, plongée dans un univers funky et coloré

Dans Ch'est bieau, Chill, Lille
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Elle est de chez nous, a dessiné pour notre livre Flashback et se prépare au vernissage de son expo Funky Tropics au bar-cantine lillois de la Canopée. Elle, c’est Roro Mawouane, Romane Lefebvre de son vrai blaze, 22 ans au compteur. Et il était temps qu’on lui tire le portrait.

A l’école, c’était la bonne copine qui dessinait dans les agendas pour les pimper. Romane, Roro pour les intimes et Mawouane pour son petit frère, a toujours eu envie de faire du dessin. “Mon truc c’était les personnages et les plans de maisons car je m’étais dit que je pourrais devenir architecte.” Sauf que les maths, ce n’est pas son truc. “Franchement, je ne foutais pas grand chose à l’école, juste de quoi avoir la moyenne.”

Du coup, avec ses parents, elle se dit dès le collège qu’elle intègrerait bien l’école Saint-Luc, à Tournai, qui a tout un tas de spécialisations en dessin et illustration. “On s’est rendus aux portes-ouvertes de Saint-Luc. Et on n’a jamais trouvé de place pour se garer alors on a fait demi-tour et c’était fini“, plaisante Romane. Ce n’est pas forcément une frustration pour elle : elle reste dans la maison familiale de Toufflers (Touff-Touff comme elle l’appelle) dans la métropole lilloise et va au collège de Leers avec ses potes.

La question d’aller côté belge pour continuer d’étudier ne revient pas avant la fin de sa seconde. “Là, d’un coup, on te demande de choisir une voie pour la suite. Et moi rien ne me branchait vraiment. Alors j’ai redemandé à mes parents d’aller à Tournai.” Cette fois-ci, les Lefebvre trouvent une place pour se garer près de Saint-Luc et Roro intègre la section illustration.

Elle y décroche le bac belge en 2016 et son brevet d’état d’illustratrice. Mais elle n’en a pas fini avec les études. “Maintenant que j’étais dedans, je voulais plus que les bases du croquis, je souhaitais savoir ce que je voulais transmettre via mes dessins.” Pour ça, elle passe un concours pour entrer dans un bachelier d’illustration à l’ESA Saint-Luc de Liège. Là, elle se frotte aussi au monde professionnel pour la première fois. “On sait qu’on va finir freelance en sortant donc on se prépare. On a un travail de fin d’études qui est là pour ça aussi.” Ce dernier consiste à sortir un album jeunesse que Romane va devoir présenter à un jury de pros.

Elle passe devant le fameux jury en 2019 avec un album graphique, coloré et muet. “Je voulais un côté poétique et philosophique à la portée des enfants.” Elle obtient son diplôme et même plus : elle parvient à faire publier ce premier ouvrage, baptisé “De l’embarras au choix”, chez CotCotCot éditions.

De retour ensuite à Touff-Touff, elle réinvestit sa chambre d’ado pour y bosser. Et elle ne chôme pas : après la sortie de son premier livre début 2020, elle enchaîne les collabs avec plusieurs marques (et Vozer) tout en continuant à réaliser des albums jeunesse (le prochain est prévu pour mai 2022) et à dessiner pour sa propre boutique en ligne, des galeries parisiennes ou lilloises (à L’illu par exemple).

Et il y a aussi les expos. La prochaine, c’est justement là tout de suite. Le nouveau bar-cantine de la Canopée, place Jeanne-d’Arc, fait une expo tous les 2-3 mois et c’est au tour de Roro de venir investir l’étage. “Là, j’ai fait des dessins spécialement pour l’endroit. Quand j’ai vu le côté tropical, direct ça m’a inspiré cette série de dessins de Funky Tropics.”

On y retrouve le style dynamique, naïf et coloré de Roro avec sa petite pointe d’humour décalé. “Moi-même, j’ai besoin de ça : je bosse beaucoup avec mes émotions mais comme je travaille essentiellement quand je suis de bonne humeur et en musique, ça se ressent. Là, avec Funky Tropics, clairement je me suis amusée.

Son vernissage, c’est ce mercredi 24 novembre à partir de 18h30 à la Canopée. Roro sera là aussi avec sa mini-boutique, sa joie de vivre et ses anecdotes. Elle vous racontera par exemple que cette expo, ça lui fait penser à cette boutade que sa mère lui racontait petite : “Elle me disait qu’un jour, elle exposerait mes dessins chez Esterra. Sauf que moi, je n’ai capté que bien plus tard que c’était le service de gestion des déchets.” Elle le raconte mieux que nous, vous verrez, vous allez vous marrer avec elle.

Pour suivre Roro, direction son Insta ou sa boutique en ligne. Et pour le vernissage à la Canopée, on vous file l’event Facebook. Vous pourrez aller admirer ‘Funky Tropics’ jusqu’en février 2022.