En 2020, c’est dans les Hauts-de-France qu’il y a eu le plus de féminicides

Dans Ch'est bieau, Lille
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Ce jeudi, c’est la journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Où en est la région en matière de prévention des risques et d’aide aux victimes ? Quels sont les dispositifs mis en place ces dernières années ? On a fait le point avec Solfa, asso qui a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes sa raison d’être.

Des chiffres, pour démarrer. En France, en 2020, 125 personnes sont mortes sous les coups de leur concubin·e. Parmi iels, 102 étaient des femmes, 23 était des hommes… Et 19, des Nordistes. Ce qui fait des Hauts-de-France, au calme, la région championne nationale des féminicides en 2020 (youhou). Pour être plus précis·e encore, c’est le Nord qui détient le record des départements français, avec 7 féminicides en 2020.

On a discuté de tout ça avec les membres de l’asso Solfa, qui se bat depuis 1947 pour protéger et mettre à l’abri les victimes de violences intrafamiliales. Iels ont vu la situation se dégrader avec la crise du Covid. “Lors du premier confinement, les créneaux d’appel pour les femmes étaient restreints et l’activité a donc baissé. A ce moment-là, les situations étaient très préoccupantes“, raconte Delphine Beauvais, responsable du pôle violences faites aux femmes de Solfa.

1000 victimes hébergées

L’asso a donc mis en place des lieux d’écoute éphémères comme Nina et Simon·e·s, au centre commercial V2 de Villeneuve-d’Ascq, et son camion itinérant, qui sillonne les routes du Nord. Ces lieux sont ainsi devenus primordiaux puisque “plus de 2000 personnes ont été reçues en un an et demi“, souligne Delphine Beauvais. Gros et triste succès pour ces accueils qui sont amenés à perdurer.

Plus de 1000 victimes – femmes et enfants – sont hébergé·e·s dans nos locaux tous les ans. De l’accueil d’urgence de quelques jours jusqu’à l’accueil de plusieurs années, nous faisons selon les situations de chaque victime“, précise le président. Et pour répondre à la demande croissante, l’asso a mis en place des nuitées d’hôtel en cas d’hébergement d’urgence. Chaque année, 10 000 appels sont enregistrés par l’asso.

Ce jeudi à 18 heures, dans les locaux de SOLFA, l’asso présente l’exposition “Ce soir, je prendrai soin de moi”, d’Anouk Desury. “Anouk Desury, photographe professionnelle, a suivi trois femmes accompagnées par SOLFA, pendant un an. Elle a pu appréhender leur quotidien et leur intimité, énonce Delphine Beauvais. Samira El Ayachi a rencontré ces mêmes femmes et a mis en texte leurs parcours, leurs récits.”

Une inauguration qui arrive à propos : ce jeudi, ce sera la journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Vous avez trois chances de voir cette expo :

En attendant, ça ne coûte rien de vous remettre les numéros à appeler en cas de détresse, de doute, ou simplement d’interrogation :

  • Le 17 : police/gendarmerie
  • Le 114 par SMS : si vous êtes dans l’impossibilité d’appeler le 17, envoyer un SMS au 114 (centre d’appel d’urgence nationale -Métropole et DROM-COM)
  • Le 18 : sapeurs-pompiers
  • Le 15 : urgences médicales
  • Le 112 : numéro d’urgence européen
  • Le 119 : allô enfance en danger. Plateforme arretonslesviolences.gouv.fr, accessible 7 jours/7 et 24h/24
  • Le 3919 : Violences Femmes Info. Anonyme et gratuit (n’apparaît pas sur les factures de téléphone). Accessible 24h/24 et 7 jours sur 7.

L’asso a aussi un site internet et une page Facebook. Nina et Simon·e·s a une page Facebook rien qu’à iel. Pour rappel, l’expo se déroule dans les locaux de Solfa, 96, rue Brûle Maison. L’entrée est gratuite et il faut un masque sur le nez et un pass sanitaire dans la poche.