L’Université de Lille a réussi à conserver son label I-site

Dans La Fac, Lille
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Ouf. Après plusieurs semaines d’attente, l’Université de Lille a réussi à préserver son label I-site, gage de moyens financiers conséquents mais aussi d’une certaine reconnaissance. Cette labellisation est aussi une première victoire pour le nouvel établissement public expérimental (EPE) lillois (composé de l’université et de quatre grandes écoles) qui portait cette candidature.

Vous vous demandez peut-être pourquoi la conservation de ce label I-site vaut à elle seule un article. C’est que ce label n’est pas juste là pour faire joli : il permet à l’établissement qui le détient de recevoir quinze millions d’euros par an pour booster des projets de recherche. Mais surtout, il donne un gage d’excellence et peut permettre à terme de viser une reconnaissance internationale. Et pour l’obtenir ce label, l’Université de Lille a entrepris de grandes mutations.

Déjà, ses trois universités (Lille 1, 2 et 3) ont fusionné en 2018 pour devenir une seule et énorme université de plus de 75 000 étudiant·e·s. Dans l’objectif de conserver la labellisation, l’Université de Lille s’est aussi rapprochée de grandes écoles lilloises pour gagner en poids et se regrouper sous la forme d’un établissement public expérimental (EPE pour les intimes). C’est ce dernier qui a fait couler pas mal d’encre pendant des mois : on vous passe tous les détails mais retenez que l’école Centrale a quitté le projet en cours de route et que des vice-président·e·s de l’Université avaient démissionné pour dénoncer la manière dont la création de l’EPE se faisait en interne.

“Solidarité et excellence”

Mais au final, quatre écoles lilloise forment cet EPE avec l’Université de Lille (on ne parle pas de fusion ici attention) depuis le 1er janvier 2022 :

  • Sciences Po Lille
  • l’école supérieure de journalisme de Lille (ESJ)
  • l’école nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT)
  • l’école nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAPL)

Elles ont donc elles aussi obtenu ce fameux label. La nouvelle a été dévoilée ce jeudi en fin d’après-midi par le Premier ministre (les détails par ici). L’Université de Lille, elle, accède “au cercle restreint des sites universitaires français dits ‘d’excellence’“, explique-t-elle.

Lors d’un point presse organisé vendredi matin, Régis Bordet, nouveau président de l’Université et ex-DG de la fondation I-SITE de Lille justement, ne cache pas qu’il a fallu pas mal d’efforts à ce tout jeune EPE pour décrocher la labellisation auprès d’un jury exigeant. “Mais notre bulletin de notes est plutôt positif, explique-t-il sourire aux lèvres. Nous avons obtenu 7 A et 2 B au total par ce jury. Et je pense que nous sommes parmi les universités les mieux notées. Surtout que nous avons réussi avec moins de moyens.”

Désormais, l’ambition de l’EPE est de démontrer que le regroupement de ces cinq entités ne peut apporter que du positif à chacune d’elles. “Nous ne grossissons pas pour grossir mais bien pour démontrer que ce clivage vieux de deux siècles entre université et grandes écoles n’a plus lieu d’être aujourd’hui‘, argue le président. L’EPE vise donc “la solidarité et l’excellence” et veut prouver que les deux ne sont pas antinomiques. L’avenir nous le dira.