D’ici la fin de la semaine, Lille aura accueilli plus de 400 Ukrainien.ne.s

Dans Ch'est bieau, Lille
Scroll par là

Les premier·e·s sont arrivé·e·s dès la fin du mois de février. Et depuis, la machine d’accueil s’est mis en route. La ville de Lille a mobilisé ses agent·e·s, des interprètes et les familles d’accueil pour organiser l’acheminement des réfugié·e·s à Lille.

On a 69 réfugié·e·s arrivé·e·s ce matin en bus de Wrocław en Pologne“, démarre d’emblée Martine Aubry. Ce mercredi, elle a tenu une conférence de presse pour parler de l’accueil des Ukrainien·e·s à Lille et de la manière dont les choses se sont mises en place. “On a commencé très tôt à travailler dessus, poursuit la maire de Lille. Dès le 21 février, on était en contact avec Kharkiv (jumelée avec Lille, NDLR), et on savait qu’elle serait touchée.

Quand les premières attaques tombent sur la ville frontalière avec la Russie, Lille décide de s’organiser. “On a cherché les places disponibles. On en a repéré 250, qui sont dans des lieux d’accueil pour les réfugié·e·s.” Puis un appel a été lancé aux habitant·e·s de la métropole lilloise pour se proposer comme famille d’accueil. “Très vite, on a reçu des centaines de propositions. Au final, on a eu plus de 3000 mails, pour environ 5000 places d’hébergement.

C’est l’adjoint au maire Sébastien Duhem qui se charge de coordonner la mise en relation entre les familles d’accueil et les familles de réfugié·e·s. Depuis le 28 février, 316 personnes ont été accueillies dans le gymnase de Fives-Cail. “Avec le bus qui viendra de Wrocław vendredi, on sera à un peu plus de 400 personnes“, ajoute Martine Aubry. Là, iels sont nourris par la cuisine commune, peuvent prendre une douche et se reposer. La Croix Rouge est là pour aider ceux et celles qui ont un besoin médical. Et des agent·e·s de la mairie proposent ensuite aux familles de créer un dossier avec leurs informations, qui sera remis directement à la préfecture. “C’est le dossier qui leur permettra de demander une protection temporaire“, précise Martine Aubry.

Un chinchilla et deux rats

Puis les familles d’accueil, contactées en amont, peuvent venir chercher le couple, la mère et ses enfants, la famille entière… et même les animaux. “Dans le premier bus de Wrocław, on avait aussi six chats, cinq chiens, un chinchilla et deux rats.” Personne ne dort dans le gymnase de Fives : tous les réfugié·e·s dorment chez des Lillois·es, des Lommois·es, des Hellemmois·es. Certains partent aussi à Marcq, à La Madeleine, à Lambersart… Pour une durée indéterminée.

Si vous vous posiez la question, leur protection temporaire leur sera accordée d’office par la préfecture s’iels sont Ukrainien·ne·s ou résident·e·s permanent·e·s en Ukraine, et leur donnera droit à tout un tas de choses : 6 euros par jour et par personne, la Sécu, les APL, le droit de travailler… Les enfants peuvent également aller à l’école. Trois d’entre eux ont déjà intégré une classe, et 110 devraient suivre dans les jours qui viennent.

Avec ses 3000 familles d’accueil volontaires, la ville a de quoi voir venir. Sachez qu’il n’est pas utile de se proposer comme bénévole au gymnase de Fives-Cail : pour le moment, la ville a assez de bras.