La ville de Lille lance sa consultation sur la future avenue du Peuple-Belge

Dans Dans la rue, Lille
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C’est l’une des artères historiques de la ville où tout le monde est déjà passé au moins une fois. La mairie a depuis longtemps pour projet de la transformer et a en tête quatre scénarios possibles. Pour la première fois, elle a décidé de laisser trancher les Lillois.es en proposant une consultation du 2 au 23 mai. On vous explique comment ça marche et on vous détaille les quatre projets en lice.

C’est une petite première à Lille. Dans les prochains jours, toutes les personnes inscrites sur les listes électorales de Lille (et Lomme, et Hellemmes) vont recevoir un courrier contenant un code. Il leur permettra de voter pour l’un des quatre projets présentés par la ville pour la métamorphose de l’avenue du Peuple-Belge.

D’habitude, la ville construit son projet avec ses services, les élus et les mairies de quartier. Puis lance une concertation auprès des habitant·es pour exposer ledit projet et discuter des futurs usages. “Là, on parle bien d’une consultation avant même de rentrer dans la phase de concertation, annonce Martine Aubry ce mardi matin en point presse. On a travaillé sur quatre scénarios différents et on va laisser aux Lillois·es le soin de choisir celui qu’il préfère.”

Ils et elles auront du 2 au 23 mai pour faire leur choix. La maire de Lille assure que les résultats seront connus “avant l’été” et qu’ils seront respectés. “On pourrait parler de co-construction avec les citoyen·ne·s, c’est la grande mode en ce moment mais je n’aime pas trop ce mot, concède néanmoins l’élue. Le scénario choisi devra faire l’objet d’études et les urbanistes et architectes donneront aussi un avis final.”

Les quatre scénarios proposés ne sortent pas de nulle part non plus selon la mairie. Un appel à projets, auprès d’urbanistes et d’architectes justement, avait été lancé sur l’avenue du Vieux-Lille entre 2008 et 2011. Les servies techniques de la ville ont ensuite pris le relais pour travailler sur différentes options qui présentent chacune ses avantages et ses inconvénients. Les voici :

I – Le parc

C’est le projet le plus simple à imaginer et à réaliser. L’objectif est de déminéraliser et de végétaliser l’ensemble de l’avenue avec de multiples usages et traversées tout du long. On garde les arbres déjà présents et il n’y aura finalement pas un chantier bien complexe à mettre en oeuvre. Sans compter qu’il coutera moins cher que les trois autres (bon 25 millions d’euros quand même).

@Ville de Lille

II – Le parc et le miroir d’eau

Vous le savez peut-être (ou pas), mais le Vieux-Lille était autrefois traversé par la Basse Deûle qui coulait justement là où se trouve l’avenue du Peuple-Belge. En 1929, il a été décidé pour des raisons sanitaires de combler le canal. Le scénario 2 ne propose pas de remise en eau mais la mise en place d’un miroir d’eau pour faire echo à cette histoire fluviale. Il se situerait au niveau de la Halle aux Sucres.

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Un projet qui coûterait plus cher (30 millions d’euros) et qui ajoute une gestion du miroir d’eau au quotidien à prendre en compte.

III – La remise en eau partielle

Là, on parle vraiment d’eau qui coulerait dans le Vieux-Lille. Beaucoup rêvent de son retour pour son côté balade, écologique et fraîcheur. Le scénario 3 propose une sorte de compromis : remettre seulement en eau une partie du canal, de la Halle aux Sucres à l’ancienne usine élévatoire.

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Cette option entraînerait des fouilles archéologiques, un chantier complexe (et pas forcément écolo pour le coup) puisqu’il faudrait évacuer tout ce qui comble actuellement l’ancien canal. Et également abattre pas mal des arbres présents aujourd’hui. Les travaux prendraient logiquement aussi plus de temps et coûteraient plus cher (40 millions d’euros).

IV – La remise en eau totale

L’eau ferait ici un come-back dans son canal historique (sans l’inconvénient sanitaire cette fois-ci) de l’Hospice Comtesse jusqu’à l’usine élévatoire. Le chantier le plus conséquent des quatre forcément avec de nouveau des fouilles archéologiques en prévision, pas mal de déblaiements et l’abattage quasi complet des arbres en perspective. Mais avec une voie d’eau et de promenade en plein cœur du Vieux-Lille en contrepartie. Ici, on partirait sur un coût qui avoisinerait les 60 millions d’euros.

La mairie a disposé à l’entrée de l’avenue plusieurs panneaux qui reprennent les quatre scénarios avec moult détails. On vous invite à aller les voir pour vous faire un avis et voter ensuite. “On a essayé d’être le plus factuel possible. On va voir voir maintenant si les Lillois·es s’emparent du sujet.”

Même si la mairie n’a pas de mis de seuil de participation minimal, elle entend bien suivre l’option qui sera choisie en majorité.

Comment voter ?

Comme on vous le disait plus haut, il suffira aux Lillois·es, Hellemmois·es et Lommois·es d’attendre de recevoir leur code par courrier ces prochains jours (les 29 et 30 avril si tout va bien) pour ensuite checker le projet et voter pour celui qu’iels préfèrent sur une plateforme en ligne sécurisée dès le 2 mai.

La condition sine qua non pour voter est d’être inscrit·e sur les listes électorales d’une des trois communes. “C’est la seule solution qu’on ait trouvé pour assurer qu’on ne vote pas plusieurs fois avec différentes adresses mails“, explique Martine Aubry. Vous pouvez très bien allez vous inscrire sur les listes en ce moment. Ou, si vous ne pouvez pas vous inscrire car vous n’avez par exemple pas la nationalité française, aller dans votre mairie de quartier à compter du 2 mai et voter en présentant un justificatif de domicile de moins de trois mois.

Les Conseils de Quartier, Conseil Communal de Concertation, Conseil Lillois de la Jeunesse et Conseil Municipal d’Enfants vont également être associés à cette consultation.

Vous aurez jusqu’au 23 mai pour vous exprimer. Une fois les résultats connus (avant l’été), il faudra continuer à travailler sur le projet, lancer les études, les phases de concertation… Bref, peu importe le scénario choisi, il faudra quoi qu’il arrive encore attendre plusieurs années pour voir les travaux démarrer.

NB : pour ceux et celles qui se demanderaient : oui le parking souterrain actuel restera mais il y aura quoi qu’il arrive moins de stationnement à l’air libre.