Au Design Museum de Bruxelles, les photomontages engagés de Charlotte Perriand à nouveau sous la lumière

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Vous avez forcément déjà entendu son nom : Charlotte Perriand est l’une des grandes figures du design français du XXe siècle. Elle a imaginé des meubles reconnaissables entre tous, notamment pour les studios des étudiant·e·s. Au Design Museum de Bruxelles, à deux pas de l’Atomium, c’est une autre facette de son travail qui est exposé.

Dans le genre femme badass, Charlotte Perriand se pose là. Non contente de se faire une bonne carrière solo sans vivre dans l’ombre d’un mari dans un XXe siècle bien macho, elle n’a jamais eu aucun mal à assumer pleinement ses idées politiques et à travailler sur la question en long et en large (c’est le cas de le dire, vous allez comprendre).

Comme on vous le disait, la designer est surtout connue pour son travail après guerre, pour ses designs d’objets et de meubles très particuliers et très encrés dans la réalité du quotidien. Mais avant la guerre, dans les années 30, elle est déjà dans la place, reconnue par ses pairs comme un esprit libre et brillant, et entame une série de travaux un peu particuliers : pour des thèmes bien précis, elle récupère des photos libres de droit (ça existait déjà l’époque, tout à fait), les découpe, les colle, les met en scène pour créer des fresques monumentales qui seront exposées lors de salons, de rencontres, d’événements politiques.

Dans l’exposition bruxelloise, on démarre avec la fresque appelée “La Grande misère de Paris”. Comme son nom l’indique, elle raconte en images fortes le quotidien insalubre et vétuste des habitant·e·s de certains quartiers de Paris. Charlotte Perriand est alors très proche du parti communiste, soutient activement le Front Populaire, et œuvre par son travail à la mise en lumière des grandes inégalités au sein même de la capitale.

Fresque monumentale

Puis la designer travaille ensuite côté campagne : elle réalise des fresques sur l’agriculture, le monde paysan. Ses fresques sont alors exposées dans la salle d’attente du Ministère de l’Agriculture, et pavillon du ministère à l’Exposition internationale des arts et des techniques de la vie moderne. La commissaire de l’exposition, Damarice Amao, a travaillé avec son équipe à reconstituer cette fresque gigantesque en fouillant dans les boites de photos de Charlotte Perriand herself et sur la base des photos de la salle d’attente du Ministère de l’Agriculture. Le résultat est, vous vous en doutez, à couper le souffle.

Dans la dernière section de l’expo, on découvre le travail de la Française sur “La maison du jeune homme”, imaginée pour l’exposition internationale de Bruxelles en 1935, et sur la guerre d’Espagne. Sur ce dernier sujet, on sent clairement poindre un féminisme engagé. Rien d’étonnant quand on sait que la dame a su faire oublier son sexe au profit de son talent.

Bien sûr, en allant voir cette expo temporaire (jusqu’au 5 septembre), n’hésitez pas à aussi faire un tour dans l’expo permanente du musée, et à monter à l’Atomium, structure voisine du musée.

L’expo “Charlotte Perriand, comment voulons-nous vivre ? Politique du photomontage” est donc visible au Design Museum Brussels jusqu’au 5 septembre. On vous laisse avec le site internet du musée et son tarif d’entrée : 10 euros en tarif normal, 8 euros pour les étudiant·e·s. Et le musée est ouvert tous les jours de 11 heures à 19 heures.

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