À Roubaix, un collectif de street artists a repeint en or la friche Midas

Dans Ch'est bieau, Dans la rue, Lille
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En a peine deux heures, dimanche matin, une dizaine de citoyen·nes et de street-artistes sont parvenu·es à bomber entièrement d’or la friche Midas d’Eurotéléport, devenue un véritable dépotoir. Pourquoi le repeindre en or ? Pour le clin d’œil au mythe de Midas, pour mettre en avant l’abandon de cette friche mais aussi parce que “ceux et celles qui habitent ou travaillent ici méritent d’avoir des choses qui brillent“.

T’as vu comme c’est propre ?” Il suffit de rester à peine quelques minutes aux abords de la friche Midas pour entendre ce genre de phrases venant de Roubaisien·nes qui passent ici tous les jours. Abandonné en 2017, l’ancien garage avait pourtant été racheté rapidement par un investisseur de la région parisienne selon la Voix du Nord.

Mais finalement, rien ne s’est passé depuis. Le site est devenu une friche, a été squatté et les immondices ont commencé à s’amonceler. Une belle verrue sur la place de la Liberté ultra fréquentée, à deux pas du centre MacArthurGlen et accolée à l’ancienne Banque de France.

Même si la ville assure à la Voix du Nord avoir engagé de nombreuses procédures contre le propriétaire, il aura fallu qu’elle le mette en demeure en mai dernier pour qu’il envoie enfin une équipe sur place pour nettoyer le site début juin.

Midas et son or

Mais s’il ne l’avait pas fait, des citoyen·nes étaient en passe de le faire. Le tissu associatif et artistique roubaisien s’est activé début mai pour symboliquement remettre les projecteurs sur la friche. “On a entendu parler de l’expo Banksy qui allait arriver à l’ancienne Banque de France, juste à côté, explique une street artist qui vit à deux pas. On s’est dit que c’était le moment de faire quelque chose et on a lancé ce collectif Midas.

Tout le monde active son réseau et tandis qu’une asso se propose de nettoyer la friche (elle ne savait pas à ce moment-là que ce serait fait quelques jours avant), d’autres citoyen·nes trouvent une offre d’hébergement pour les personnes qui squattaient le lieu (mais qu’ils ont refusé). Enfin des artistes du coin ont débarqué pour une mission commando dimanche matin avec soixante bombes dorées pour mettre en avant cette friche qui paraît oubliée. Profitant de la pose de grilles sur la friche, ils ont opéré la métamorphose du site en lingot d’or en à peine deux heures.

On ne nettoie pas pour les invité·es de l’expo d’à côté, précise l’un des street artists. On le fait pour les Roubaisien·nes qui sont là tous les jours, parce que ce symbole d’immondices devrait lui aussi briller.” “C’est aussi une démonstration qu’on peut faire beaucoup avec peu“, ajoute une autre membre du collectif. L’objectif final est aussi bien évidemment de faire bouger collectivités et proprio sur le devenir du site.

Maintenant que personne ne peut plus passer par Euréotéléport sans voir les reflets dorés de la friche, le collectif passe la main à ceux et celles qui souhaiteraient continuer leur action “en se réappropriant cette friche“. Au début du mois, la mairie avait indiqué à La Voix du Nord que des négociations de rachat étaient de nouveau en cours. Mais que si ces dernières n’aboutissaient pas, une procédure d’expropriation pourrait être lancée. Ce qui ne se fait quoi qu’il arrive pas en quelques semaines.