La dernière fontaine Wallace de Lille a été restaurée et réparée

Dans Dans la rue, Lille
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Ça faisait presque un an que la fontaine Wallace de Lille avait quitté la place de Béthune pour aller se refaire une beauté dans un atelier de restauration. En plus de retrouver sa couleur vert anglais d’origine, elle a été réparée et agrémentée d’un nouveau système d’alimentation en eau potable. On peut désormais aller y remplir sa gourde à son nouvel emplacement, place Léon-Trulin.

C’est un petit bijou du patrimoine lillois, la toute dernière fontaine Wallace, vieille de 150 ans. Avant de n’être que décoratives, elles étaient les ancêtres de nos fontaines à eau potable d’aujourd’hui. Robert Wallace, un Londonien riche et philanthrope, a voulu offrir ces fontaines après la défaite de la France en 1870 qui a laissé de grosses séquelles dans le quotidien des Parisien⸱nes et des autres villes assiégées (dont Lille).

L’accès à l’eau potable était très compliqué à l’époque et Wallace, en bon amoureux de Paris, a fait don à la capitale de quelques cinquante fontaines comme il y en avait déjà à Londres. Et comme il était aussi amateur de belles choses, il a voulu un objet aussi utile que beau. Voilà comment ces grands points d’eau potable se sont ornés d’un joli dôme en écailles soutenu par quatre femmes (des cariatides). A l’origine, il y avait des gobelets en étain reliés par des chainettes à la fontaine qui permettaient aux gens de venir s’abreuver de l’eau qui coulait au milieu.

La première est implantée à Paris vers 1872 et d’autres vont par la suite être installées en province sur le même modèle. Selon le blog lillois “GoodMorningLille”, il y en avait deux autres en ville en plus de celle de la place de Béthune : une au croisement de la rue Solfé et du boulevard Victor Hugo et une autre, place Vanhoenacker. Leur installation à Lille est attestée dès 1889 mais vous l’avez compris, seule celle de la place de Béthune subsiste aujourd’hui.

Cure de jouvence

Et puis l’année dernière, on a vu la fontaine disparaître. La mairie a rapidement fait savoir qu’elle avait profité des travaux sur la place pour envoyer la dernière fontaine Wallace lilloise se refaire une beauté. “Son emplacement faisait qu’elle s’était dégradée au fil du temps et était finalement peu mise en valeur : on passait devant sans savoir vraiment ce que c’était“, explique Stanislas Dendievel, l’adjoint municipal délégué à l’urbanisme, au paysage, à la nature et à l’eau.

La décision a donc été prise de la restaurer, la réparer et de la changer d’emplacement. “Il a fallu récupérer des pièces des autres fontaines lilloises qui trainaient dans les ateliers municipaux et faire un vrai travail historique en se basant notamment sur des images d’archives“, continue l’adjoint. Plusieurs mois au sein d’un atelier de restauration ont été nécessaires mais la fontaine a aujourd’hui retrouvé son vert anglais d’origine et son intérêt principal : être un point d’eau potable.

Si à l’origine l’eau coulait en continu dans une fontaine Wallace, la ville de Lille a préféré réfléchir à une option plus “écologique”. Elle a pris la décision de moderniser un peu la fontaine avec un système d’alimentation à la demande grâce à un bouton sur l’un des côtés qui, à chaque pression, délivre 33cl d’eau potable. Sa restauration et sa remise en place avec raccordement à l’eau ont coûté 19 000€.

On peut aller y remplir sa gourde depuis le 1 juillet au centre de la place Léon-Trulin. Un nouvel emplacement pour la mettre en valeur à deux pas de l’Opéra et de la Grand-Place. La fontaine à eau qui était déjà installée pas très loin de là va être déplacée dans quelques temps du côté du square Lardemer de Fives.