La ville de Lille signe sa nouvelle charte de la vie nocturne

Dans Lille, Night Night
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En octobre dernier, le conseil lillois de la vie nocturne a vu le jour. Et après plusieurs mois de concertation entre la mairie, les organisations réunissant des pros du monde de la nuit, et des citadin·es, la charte de bonne conduite est désormais terminée. Et (très) bientôt dans les mains de tous les établissements nocturnes.

Lille est une ville où on aime bien faire la fête. Mais voilà, les nuits de folie se font parfois au détriment de celleux qui se lèvent tôt ou du moins qui veulent dormir sans subir des nuisances sonores au pas de leur porte. C’est pour ça que le conseil lillois de la vie nocturne a signé vendredi 8 juillet, une charte d’engagements entre les établissements et la mairie, pour trouver un équilibre entre l’esprit de fête et le sommeil des riverain·es.

Editée pour la première fois en 2003, elle méritait un bon coup de plumeau et surtout une mise à jour. “Il est temps, vingt ans après, de remettre les choses à plat, commence Martine Aubry. Elle symbolise une nouvelle étape dans notre travail avec les pros, dont les relations s’étaient taries.”

Mais avant de vous parler en détail de cette charte, voici une petite piqûre de rappel sur ce qu’est ce conseil. Mis en place par la ville en octobre 2021 et riche de 52 personnes, il rassemble des représentant·es d’établissements, des habitant·es, des assos, des partenaires publics, des personnalités et plusieurs élu·es. Il se rassemble une fois par an, n’a pas de pouvoir décisionnaire ou coercitif, mais donne son avis sur ce qui peut être fait pour améliorer la vie nocturne de chacun·e.

Une bible en quatre chapitres

Parenthèse fermée, revenons à nos moutons. Cette charte, c’est un peu la fiche de révision des établissements lillois sur les règles à respecter et la bonne conduite à avoir. Elle se divise en quatre chapitres :

  • Le respect de la tranquillité publique, notamment concernant les nuisances sonores et les déchets sur la voie publique
  • La prévention des conduites à risque, pour éviter au max l’hyperalcoolisation, la consommation de drogues et les maladies sexuellement transmissibles. Concernant la drogue non-consentie, “nous n’avons eu aucun cas de GHB avéré, annonce Martine Aubry. Douze affaires sont ouvertes pour des piqûres mais seulement deux personnes ont porté plainte, les autres sont saisies par le parquet.”
  • La lutte contre toute forme de discriminations (racisme, LGBTphobie, sexisme…) et comportements sexuels non-désirés
  • L’engagement de la ville dans son rôle d’informatrice, de médiatrice et d’applicatrice des règlements relevant de ses pouvoirs

Sur ce dernier point, Martine Aubry est claire : “Que les établissements aient signé la charte ou non, ils peuvent être sanctionnés” s’ils ne respectent pas les règlementations légales rappelés dans le document. Près de 1 500 interventions ont été réalisées depuis le début de l’année :

  • 10 discothèques requalifiées en bars, notamment du côté de la rue Solfé
  • 43 établissements ont eu affaire au conseil pour régler des problèmes
  • 321 PV distribués pour nuisances sonores, “soit deux fois plus que 2019“, rappelle la maire
  • 6 établissements fermés par la préfecture à cause d’une accumulation de PV
  • 37 demandes de fermeture en cours

Les 10 commandements de la nuit

Et si le doc fait cinq pages, la ville l’a résumé en une seule, pour que chaque établissement puisse l’afficher sur ses murs. Elle lui a même donné un nom : “Les dix commandements de la vie nocturne lilloise”, qu’on vous laisse checker ci-dessous :

La mise en place de cette charte permet aussi “d’identifier les moutons noirs, ajoute la maire, en rappelant qu’une grande majorité d’exploitant·es respectent et font respecter les règles de la vie nocturne. Je pense notamment aux jeunes exploitant·es à qui il faut réapprendre ce que c’est que le métier“.

Pour plus d’infos, on vous laisser checker le site de la ville de Lille et la page Facebook.