Sur le réseau Ilévia, vous pouvez désormais demander “Angela” en cas d’agression

Dans Lille, Transport
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On commence de plus en plus à entendre parler du dispositif “Demandez Angela” un peu partout en France. Il permet aux victimes de harcèlement sexiste, sexuel… de demander de l’aide sans avoir à formuler des mots parfois difficiles à prononcer et d’être prises en charge tout de suite. Ilévia a décidé de l’expérimenter dès ce vendredi sur son réseau. Agent·es du personnel formé·es, création de zones de refuge : on vous explique tout.

Vous êtes dans le métro (ou le tram ou le bus) et quelqu’un vous agresse. Une insulte, un frottement, un geste déplacé… Il est parfois difficile de savoir comment réagir, vers qui se tourner, comment en parler. C’est pour aider ces victimes qu’existe le plan “Demandez Angela”, plan qu’Ilevia a décidé de tester sur son réseau.

En gros, si vous vous retrouvez dans l’une de ces situations, vous vous dirigez vers le personnel (chauffeurs, agents de sécurité, opérateurs, welcomers…) et vous lui demandez “Elle est où Angela ?” Il ou elle comprendra tout de suite de quoi il s’agit, appellera la police et restera avec vous. “Demander après Angela est parfois plus facile pour les victimes que de mettre des mots sur ce qu’elles ont vécu“, explique Myriam Taghzouti, directrice Marketing d’Ilevia.

Des zones pour se réfugier

Au-delà de cette prise en charge, deux “zones de refuge” ont été ouvertes dans deux agences commerciales lilloises d’Ilévia : celles de “Place des Buisses” et de “République Beaux-Arts”. Il s’agit d’une pièce attenante à l’accueil, fermée et isolée, loin du regard des autres usager·es pour s’y sentir en sécurité. “Un agent vous proposera de vous assoir, vous écoutera, vous donnera un verre d’eau, appellera vos proches si vous le souhaitez, continue Myriam. Le personnel de ces deux agences a été spécialement formé pour apprendre les gestes à avoir face à une victime, les bons mots à utiliser, la bonne attitude en général à adopter“.

Ces nouveaux lieux sont accessibles à toutes celles et tous ceux qui se sentiraient en danger, harcelé·es, suivi·es. Il suffit de s’y présenter en demandant Angela à quelqu’un du staff. Attention, c’est possible seulement aux horaires d’ouverture des stations, à savoir :

  • République-Beaux-Arts :
    • de 7h30 à 18h30 du lundi au vendredi
    • de 8h à 18h10 le samedi
  • Place des Buisses :
    • de 7h à 19h du lundi au vendredi
    • de 10h30 à 18h le samedi

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les moments où il y a le plus de faits d’outrage, c’est pendant les heures de pointe, quand il y a foule, confie Myriam quand on lui demande comment faire si on se fait agresser en dehors des horaires d’ouverture. Si nos agences sont fermées, vous pouvez vous servir des bornes d’appel d’urgence qui sont toujours accessibles et on vous aidera.”

100 agressions par an

Aujourd’hui il est difficile de recenser précisément le nombre d’agressions qui ont lieu dans les transports en commun de la métropole. “Une centaine par an pour 200 millions de voyages” annonce Myriam, qui affirme que c’est en augmentation.

Un chiffre qui semble extrêmement faible, mais est très probablement beaucoup plus élevé dans la réalité. Sans doute parce que la parole n’est pas encore libérée sur le sujet et c’est aussi ça le but du plan “demandez Angela”. Des “zones de refuge” devraient par la suite êtres installées dans les sept agences commerciales Ilévia de la métropole lilloise.