Pourquoi la Fête de la Solidarité a‑t-elle été annulée ?

Dans Lille, Politique
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Pho­to @Une pièce de boeuf

A Vau­ban, on est habi­tué aux potes qui jouent aux cartes au son des djem­bés ou aux Lil­lois qui chil­lent sur l’herbe. Mais une fois par an, on monte d’un cran avec la Fête de la Soli­da­ri­té qui mêle acti­vi­tés, musique et asso­cia­tions cari­ta­tives et huma­ni­taires. Et la qua­trième édi­tion, c’est ce dimanche.

Ça, c’est le début de l’ar­ticle qui était écrit et prêt à paraître pour annon­cer l’é­vé­ne­ment. Vous ne lirez jamais la suite puisque, mar­di, la (mau­vaise) nou­velle est tom­bée : il n’y aura pas de Fête de la Soli­da­ri­té cette année.

Pas à cause de la météo, non, mais d’au­to­ri­sa­tion. Les deux assos orga­ni­sa­trices de cette édi­tion 2018, Unit’aide et le Lab’­So­li­daire, n’ont pas eu le droit de s’ins­tal­ler dans le jar­din Vau­ban. “Unit’aide envoie depuis trois ans la même demande d’es­pace public à la ville cou­rant avril et il n’y a jamais eu de pro­blème avant cette année, explique Nico­las, pré­sident du Lab’ Soli­daire. On a for­cé­ment été sur­pris de la réponse néga­tive reçue début juin.”

La rai­son invo­quée par la mai­rie sur leur cour­rier : “Les parcs sont satu­rés en cette période esti­vale de l’an­née”. Jacques Richir, adjoint en charge des fêtes et de l’a­ni­ma­tion de la ville, explique “que la pres­sion pour les demandes de mani­fes­ta­tions est tel­le­ment forte à Lille, qu’on se doit de faire des choix. Sinon on aurait des évé­ne­ments presque tous les week-ends dans les jar­dins publics”.

Car si le bien-fon­dé de la Fête de la Soli­da­ri­té n’est pas remis en cause par la Ville, cette der­nière aurait reçu ces der­niers temps de nom­breuses plaintes d’ha­bi­tants, regret­tant de ne pas pou­voir se bala­der “tran­quille­ment” dans les parcs lil­lois sans qu’une mani­fes­ta­tion y ait lieu.

La demande pour orga­ni­ser des évé­ne­ments ne cesse d’aug­men­ter d’an­née en année, conti­nue Jacques Richir. Et tant mieux, ça prouve que Lille reste active et attrac­tive. Mais on veut désor­mais bien dis­tin­guer espaces publics et jar­dins publics pour que ces der­niers soient de nou­veau des lieux de balades fami­liales”.

Tra­duc­tion : les grosses mani­fes­ta­tions au jar­din Vau­ban ou au parc J.B‑Lebas devraient se faire de plus en plus rares.

Solutions de repli ?

La muni­ci­pa­li­té a donc pro­po­sé il y a quelques semaines la place Rich­bé (le petit square entre Répu et la rue de Béthune) à la Fête de la Soli­da­ri­té. “Si on enlève les tables et la scène, on peut accueillir 80 per­sonnes max sur cette place. Sauf qu’on atten­dait entre 1500 et 3000 per­sonnes pour la Fête de la Soli­da­ri­té”, expose Nico­las du Lab’­So­li­daire.

Deuxième solu­tion pro­po­sée début juin par la mai­rie : le quai Léon Jou­haux, plus grand et à quelques cen­taines de mètres de Vau­ban. “C’est un lieu idéal pour ce genre d’é­vé­ne­ment, argue l’é­lu lil­lois. Mais ils l’ont refu­sé aus­si. Et là, on ne com­prend pas pour­quoi.”

Du côté du Lab’­So­li­daire, Nico­las admet que l’en­droit est spa­cieux “mais on avait bos­sé des mois autour du parc Vau­ban et le quai Léon Jou­haux, c’est tout de même un autre cadre, un autre envi­ron­ne­ment. On était aus­si inquiets pour la sécu­ri­sa­tion des lieux et le temps jouait contre nous”. A quelques jours de l’é­vé­ne­ment, l’as­so a donc pré­fé­ré annu­ler l’é­vé­ne­ment. 

Mais qu’on se ras­sure : la Fête de la Soli­da­ri­té n’est pas morte et pour­rait reve­nir l’an­née pro­chaine. Où ? C’est encore un mys­tère.