L’été n’a pas été cool avec les patates et nos frites vont en pâtir

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Non, ce n’est pas une blague. Les pro­duc­teurs de pommes-de-terre du coin n’ont claire­ment pas le sourire après l’été qu’ils vien­nent de pass­er. Sécher­esse, coups de chaleur et épisodes plu­vieux ont eu rai­son d’une bonne par­tie de la récolte des patates qui com­mence à peine.

L’été 2018, les Bin­t­je s’en sou­vien­dront. La var­iété de pomme-de-terre la plus appré­ciée par chez nous est celle qui a le plus souf­fert de la canicule et des orages. “Cet été a été des plus atyp­iques, explique Benoît Houillez, chef du ser­vice pomme-de-terre à la cham­bre d’a­gri­cul­ture du Nord-Pas-de-Calais. La chaleur com­binée avec la pluie de la fin de la péri­ode esti­vale a provo­qué un phénomène phys­i­ologique de repousse des pommes-de-terre”. Tra­duc­tion : les patates ont ger­mé avant leur arrachage et se sont replan­tées toutes seules comme des grandes. 

Bilan : le départe­ment affiche “entre 10 et 20% de perte de ren­de­ment pour cette année” en pro­duc­tion de pommes-de-ter­res. Et pour couron­ner le tout, celles qui ont survécu au phénomène de repousse ne sont lit­térale­ment pas “de taille” à com­penser la perte. “Cette année leur gabar­it est plus petit, affirme Benoît Houillez. Ce qui peut pos­er un prob­lème pour les pro­duc­teurs qui vendent par avance sous con­trat aux indus­triels pour des frites par exem­ples : ces derniers ne pren­nent que des pommes-de-ter­res de 50mm de diamètre min­i­mum”. Près de Lens, chez McCain, on a assuré à nos col­lègues de France Bleu Nord que l’en­tre­prise spé­cial­isée dans la frite surgelée ne réclam­era pas le manque. Ouf.

 

 

En revanche, ce ne sera peut-être pas le cas pour ceux qui vendent dans les pays voisins. Comme le soleil et les nuages ne se for­malisent pas des fron­tières, c’est bien toute l’Eu­rope qui a été touchée par cet été atyp­ique. Les trois autres gros pays pro­duc­teurs de patates que sont la Bel­gique, les Pays-bas et l’Alle­magne sont dans le même pétrin que les Frenchies.

En Wal­lonie, la fil­ière annonce car­ré­ment au jour­nal Le Soir que la mythique frite belge va rac­cour­cir cette année.

Con­crète­ment, celles que vous taillerez chez vous subiront le même des­tin. Et le kilo de pomme-de-terre sera cer­taine­ment aus­si plus cher. Bref, pas de quoi avoir la patate chez les amoureux de la frite.