La ferme du Trichon, une pépinière de projets sociaux et écologiques

Dans C'est green, Lille
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Au cœur de Roubaix pousse une ferme urbaine circulaire. C’est la ferme du Trichon, un petit écosystème d’action (et surtout de réflexion) autour de la transition écologique et sociale.

Dans “ferme urbaine circulaire”, il y a “ferme”, “urbaine” et “circulaire”. On part donc logiquement sur une ferme, en plein centre ville, visant à utiliser ses ressources efficacement pour diminuer son impact sur l’environnement tout en développant le bien être des habitants du quartier. Autant vous dire qu’ils savent planter les choux.


Un tout petit peu d’histoire

L’idée a germé dans la tête d’habitants engagés dans des associations du quartier roubaisien du Trichon. En 2012, ils créent la Coopérative Baraka, un espace de restauration et de séminaire, une “vitrine écolo” pour Vincent Boutry, président de l’Université Populaire et Citoyenne de Roubaix et membre du Collectif des paysans urbains du Trichon.

En 2015, la coopérative signe une convention d’occupation transitoire du parking désaffecté sur le trottoir d’en face. Elle y installe un jardin partagé dont s’occupe une quarantaine d’habitants du quartier : la ferme du Trichon commence alors à prendre forme. À terme, elle s’étalera sur l’ensemble de la friche urbaine Nollet-Crouy.

Creuser la terre et se creuser la tête

Vincent Boutry insiste : “Ce projet, c’est vraiment la tête et les jambes“. Les expérimentations mises en place sur la ferme du Trichon sont, en quelque sorte, des “prétextes pour discuter“. Bien sûr qu’ “on ne résout pas le problème de la souveraineté alimentaire avec une ferme de 6 000 mètres carrés “. L’important, c’est de réunir les gens pour qu’ils échangent et cherchent ensemble des solutions aux problématiques, actuelles et futures, d’alimentation, de logement ou de migrations.

La ferme concentre moult initiatives pour “re-localiser nos vies” et “développer l’économie de l’entraide“. Ce qui intéresse les Roubaisiens engagés dans le projet, “c’est une relation qui va bien au delà du rapport marchand“. Rappelons-le, nous sommes à Roubaix, l’une des villes les plus pauvres de France. Les mots d’ordre sont “transition et quartier populaire“, pas gentrification , se défend Vincent Boutry.

La ferme urbaine du Trichon est ouverte à tous. Les mercredis après-midi, El Cagette réunit agriculteurs et consommateurs pour des bons plans fruits et légumes. Les samedis, La maison vélo vous apprend à réparer des vélos. Entre temps, les jeudis, l’Université Populaire et Citoyenne de Roubaix organise ses cours du soir.

La ferme du Trichon se trouve juste en face de la Coopérative Baraka, 20 rue de Sébastopol à Roubaix.