Le théâtre de la Verrière est en pleine renaissance

Dans Culturons-nous, Lille
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Au bord du dépôt de bilan il y a moins d’un an et après la tra­ver­sée d’une crise interne, la com­pa­gnie de la Décou­verte, gérante du théâtre de la Ver­rière, quitte la zone de tur­bu­lences. L’oc­ca­sion pour la troupe de prendre un nou­veau départ, en chan­geant de nom et de sta­tut, mais sur­tout pas d’é­thique.

Déter­mi­née à ne pas bais­ser le rideau, la com­pa­gnie de la Décou­verte s’est rebap­ti­sée La Ver­rière et a pris le sta­tut offi­ciel d’as­so. Elle loue le théâtre à un pro­prié­taire pri­vé depuis 1992. “C’é­tait un lieu de fabri­ca­tion de décors deve­nu trop petit”, raconte la comé­dienne Cathe­rine Gil­le­ron. ” Domi­nique Sar­ra­zin,
[fon­da­teur et direc­teur de la com­pa­gnie] qui était proche du pro­prié­taire, a repris l’en­droit.”

Une fois le 28 rue Alphonse Mer­cier à dis­po­si­tion, l’é­quipe s’ac­tive pour “en faire un lieu de théâtre”. “Depuis 27 ans, la com­pa­gnie crée des spec­tacles et noue des par­te­na­riats”. Des par­te­na­riats avec des éta­blis­se­ments sco­laires, l’U­ni­ver­si­té ou encore des des hôpi­taux. Le théâtre de la Ver­rière s’est tou­jours vou­lu “ouvert au monde social”. Il orga­nise des soi­rées de ren­contres et de débats ouvertes au public, en pré­sence d’in­tel­lec­tuels et d’in­ter­mit­tents du spec­tacles pour “com­prendre la socié­té et la mettre en débat”. Une fidé­li­té aux fon­da­men­taux du théâtre grec antique.

L’ou­ver­ture est une valeur cen­trale de l’ADN de La Ver­rière. Cathe­rine Gil­le­ron confesse : “On peut pas dire que la salle soit pleine tout le temps, mais le public est assez mixte”. Elle ajoute que la Ver­rière est un “outil de créa­tion” mais sur­tout “un lieu de de prise de risque”. C’est dû à la diver­si­té des créa­tions artis­tiques pro­po­sées au public. Fouad Bous­ba, qui tra­vaille pour le théâtre, résume : “Ce qu’on par­donne au ciné, on ne le par­donne pas au théâtre”.

Les jeunes dans le viseur

Les jeunes vont de moins en moins de théâtre. Pour y remé­dier, La Ver­rière cherche à se réin­ven­ter en pen­sant “l’a­ve­nir de ce lieu à par­tir de son his­toire”. L’i­dée, c’est d’am­pli­fier les bases tout en diver­si­fiant les pro­po­si­tions. Le 9 mars, de 21 heures à 1 heure du matin, le théâtre orga­nise une silent par­ty, un de ces concert silen­cieux où les gens pro­fitent de la musique dans des casques audio four­nis sur place. La DJ Made­moi­selle Vegas sera aux pla­tines. En com­plé­ment, une lec­ture musi­cale de Nous sommes tous des fémi­nistes, de Chi­ma­man­da Ngo­zi Adi­chie sera pro­po­sée.

Quand on était sur place, un jeune troupe 100% fémi­nine répé­tait sur le pla­teau. La basse réson­nait dans tout le bâti­ment. C’est que, s’il souffre d’une “image vieillotte”, le théâtre contem­po­rain est, par défi­ni­tion, contem­po­rain. Il vit donc avec son temps. Cela se res­sent dans la mise en scène ou dans les scé­na­rios. Par exemple, au mois de mars se joue­ra sur scène Contrac­tion, une pièce de l’an­glais Mike Bart­let. Sous cou­vert d’hu­mour bri­tish cynique, cette comé­die met à nue les tra­vers de grandes entre­prises. Ce n’est pas Sophocle, Euri­pide ou Eschyle qui vous l’au­raient racon­tée de cette façon. Car le théâtre aujourd’­hui, c’est aus­si du son, des lumières, bref, de la tech­no­lo­gie.

Conscient de ne pas avoir “tou­jours été au top sur la com­mu­ni­ca­tion” et de “perdre de sa visi­bi­li­té”, La Ver­rière sou­haite revi­vi­fier son théâtre, à com­men­cer par son hall. Buvette, petite res­tau­ra­tion et baby­foot sont là pour ça. “Faire par­ti­ci­per les gens à la vie de ce lieu”, c’est aus­si ça le but, confie Cathe­rine Gil­le­ron en sou­riant.

En atten­dant le pro­chain lever de rideau, vous pou­vez vous rendre sur le site du théâtre de la Ver­rière ou bien liker leur page Face­book.