[Flashback] Mais au fait, d’où vient la Fête de la Soupe ?

Dans Festival, Flashback, Lille

Fête de la soupe 2015 à Wazemmes. ©Patrick James / Archives la Voix du Nord

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Parce que ça fait tou­jours du bien de savoir d’où viennent les belles et bonnes tra­di­tions de chez nous, on s’en va vous conter aujourd’­hui d’où est venue cette gour­mande idée du concours de la Louche d’Or.

Tout bon Lil­lois qui se res­pecte sait bien à l’a­vance où il sera un 1er mai : à Wazemmes, en train de dan­ser dans la rue des Sar­ra­zins après avoir goû­té une foule de bons godets de soupe. Quand on y amène des potes d’autres contrées loin­taines (cou­cou Paris !), on leur explique, qu’i­ci, la Fête de la Soupe, c’est une tra­di­tion ances­trale, un peu comme la Bra­de­rie. Bon, après, dès qu’il s’a­git de sor­tir les dates et l’o­ri­gine du ren­dez-vous, on avoue qu’on n’en mène pas large devant ces mêmes potes.

Pour évi­ter de (re)passer pour un branque cette année, on s’est dit qu’un peu de recherches his­to­riques ne seraient pas super­flues. C’est un peu comme rajou­ter des croû­tons dans une soupe : ce n’est pas obli­ga­toire mais ça ne mange pas de pain.

19e édition

En réa­li­té, la Fête de la Soupe n’est pas ce qui s’ap­pelle encore une tra­di­tion “ances­trale”. Parce que la petite est appa­rue à Wazemmes… en 2001.

On vous la refait : en l’an 2000 de notre ère, l’as­so cultu­relle Atta­ca­fa (à qui l’on doit notam­ment les Bals à Fives) était déjà répu­tée pour prendre la soupe comme pré­texte pour faire la fête. A l’é­poque, elle orga­ni­sait des mini-events comme ça, juste pour par­ta­ger, papo­ter, se culti­ver, dan­ser, chan­ter et s’a­mu­ser. A Wazemmes, la soupe et le concept qui va avec font mouche. Ces réunions sans prise de tête autour d’un petit potage, ça plaît car­ré­ment aux habi­tants du quar­tier qui demandent alors à Atta­ca­fa de voir les choses en plus grand.

Voi­là com­ment est née, un an après, la pre­mière édi­tion de la Fête de la Soupe à Wazemmes. Les orga­ni­sa­teurs se disent alors que si mille per­sonnes se pointent pour man­ger de la soupe un 1er mai, ce sera déjà pas mal. Man­qué : la pre­mière édi­tion affiche 7 000 sou­peurs au comp­teurs.

Après, vous connais­sez le quar­tier, il fal­lait bien que Wazemmes rajoute un grain de folie dans tout ça. Alors ils ont inven­té le prix de la Louche d’Or pour une bonne com­pé­ti­tion fes­tive et bon enfant. On compte aujourd’­hui des dizaines de mil­liers de sou­peurs chaque année venus dégus­ter et voter pour leur soupe préf’ du jour.

Il faut dire que le breu­vage mijo­té a de quoi ras­sem­bler tous les palais et c’est d’ailleurs exac­te­ment pour ça qu’il a été choi­si : la soupe reste un des seuls plats com­muns à tous les conti­nents. On n’a juste pas encore trou­vé meilleure com­fort food aus­si fédé­ra­trice pour voya­ger. Le pre­mier gagnant de la fameuse Louche d’Or était d’ailleurs un Népa­lais qui avait réus­si à gar­der un peu de ses 10 litres de soupe aux cham­pi­gnons pour ravir les papilles du jury de 2001.

Voi­là pour­quoi on parle bien d’un fes­ti­val inter­na­tio­nal. Les orga­ni­sa­teurs s’a­musent aujourd’­hui à dire que c’est la fête de la SOUPE pour Sym­bole d’Ou­ver­ture et d’U­nion des Peuples Euro­péens. Sur­tout que la fête wazem­moise a fait des petits en mode Eras­mus : il en existe main­te­nant une en Bel­gique, en Alle­magne, en Espagne, en Ita­lie ou encore en Pologne. Et elles viennent toutes trou­ver leurs racines à Wazemmes. Et bon clai­re­ment, on les com­prend.

Et sinon, la 19e édi­tion du fes­ti­val inter­na­tio­nal de la soupe c’est tou­jours ce 1er mai, la preuve avec cet event face­book.

Pour sour­cer tout ça, on s’est basé sur le site de Louche d’Or mais aus­si sur les archives de La Voix du Nord.