La Made, le club privé roubaisien plus graffé que vrai

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Voi­là près d’un an que beau­coup se demandent quand ouvri­ra la Made, ce club pri­vé du centre ville de Rou­baix à la devan­ture qui rap­pelle les années 80. Spoi­ler alert : jamais.

Pour moi, le graff’ est un jeu plus que de l’art. Aller graf­fer avec des potes, c’est comme les appe­ler pour aller se faire un ten­nis. Sauf qu’à la place des raquettes, ils viennent avec leurs bombes”. Mikos­tic est né à Rou­baix et y graffe depuis bien­tôt 20 ans. Et depuis l’an­née der­nière, cer­tains en ville se demandent s’il n’est pas aus­si le patron de la made fameuse boîte de nuit de l’a­ve­nue J. B. Lebas.

Nor­mal, c’est en pleine jour­née, un jour de juillet 2018, qu’il est venu, à visage décou­vert avec ses potes graf­feurs, refaire la devan­ture du rez-de-chaus­sée de cet immeuble aban­don­né. “Cet angle de rue là, ça fait bien dix ans qu’on le peint chaque été avec Lem et Fab, raconte-il. La pre­mière fois, je me sou­viens, j’é­tais en tenue de chan­tier donc per­sonne n’a cap­té qu’on était là pour graf­fer ce vieux bâti­ment”.

Aujourd’­hui, plus besoin de faire sem­blant, le trio de graf­feurs arrive avec ses bombes de bon matin et laisse aller son ima­gi­na­tion du moment. Mikos­tic, qui se fait aus­si appe­ler the Handemade156 (rete­nez ça pour la suite), y avait déjà bom­bé un videur de boîte de nuit il y a quelques années de ça. C’est en se rap­pe­lant de lui que le graf­feur de l’E­peule a lan­cé l’i­dée d’un club aux deux autres. “Mais pour ça, il fal­lait qu’on est reparte de zéro en repei­gnant l’in­té­gra­li­té en gris pour avoir une base, une page blanche”.

Ensuite, aucun plan en tête, juste des idées qui leur sont venues comme ça en graf­fant. Il leur faut trois jours pour créer la Made, club pri­vé qui n’ou­vri­ra jamais mais que per­sonne ne peut rater sur l’a­ve­nue tant ses cou­leurs en mettent plein les yeux. Son nom ? “Une réfé­rence au crew de la Made­leine d’où vient Fab avec qui j’ai fait mes armes”, explique Mikos­tic qui a sur­fé sur la même base de “made” pour y graf­fer son autre nom : Handmade156.

Voi­là com­ment cer­tains ont com­men­cé à se deman­der qui avait repris cet immeuble en friche et quand ouvri­rait le fameux club. D’autres se demandent aujourd’­hui si le trio revien­dra cet été pour conti­nuer à embel­lir la façade ou y faire naître un nou­veau-faux éta­blis­se­ment. Mais vous n’au­rez pas la réponse ici : le trio lui même ne le sait pas encore.

Pour admi­rer cette façade, il suf­fit de prendre le métro (ligne 2) jus­qu’à la gare de Rou­baix et de des­cendre l’a­ve­nue J. B. Lebas. Vous ne pou­vez ensuite pas vrai­ment le rater.