Spiritek ouvre sa Stupérette éphémère mercredi prochain

Dans Dans la rue, Lille, Night Night

©Spiritek

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Le 26 juin, l’as­so Spi­ri­tek ouvre les portes de son drugt­sore le temps d’un aprem. Enten­dez un maga­sin de vente enca­drée de drogue. Cette der­nière est fic­tive pour le coup (of course) mais le but est bien de faire bou­ger les consciences… et les poli­tiques.

Qu’on se le dise tout de suite : Spi­ri­tek n’est pas une asso qui est là pour pro­mou­voir la consom­ma­tion de drogue. “On a juste aucun juge­ment sur le sujet : on ne dit pas que la drogue c’est bien ou pas, on s’en fiche, explique Mathilde qui est ani­ma­trice au sein de l’as­so. On constate juste qu’il y a une consom­ma­tion et qu’il faut donc pré­ve­nir les consom­ma­teurs pour réduire les risques.”

No judgement

Com­mu­ni­quer au lieu de juger. Aider au lieu de faire la morale. C’est tout l’en­jeu de Spi­ri­tek depuis sa créa­tion en 1996. Vous avez d’ailleurs cer­tai­ne­ment déjà vu ou croi­sé leurs ani­ma­teurs lors de grosses soi­rées à Lille ou dans des fes­toches du coin (ils seront à la Bonne Aven­ture ce wee­kend).

Ils ont sou­vent un petit stand bien lumi­neux avec pas mal de pro­duits pour vous rendre la soi­rée plus “secure”. “On est là pour par­ler et répondre à des ques­tions, dis­tri­buer des bro­chures mais aus­si des bou­chons d’o­reilles, des éthy­lo­tests, du serum phy’ pour le nez, des capotes ou encore des ‘déroule ta paille’ pour les pro­duits en snif”, détaille Mathilde.

Dans leur local de la rue du Moli­nel, la dizaine d’employés est là au quo­ti­dien pour aider les per­sonnes consom­ma­trices et pré­ca­ri­sées. On peut éga­le­ment y faire ana­ly­ser sa drogue ou deman­der un dépis­tage gra­tuit pour l’hé­pa­tite C ou le VIH.

Réduire sans punir

Spi­ri­tek est une asso qui fonc­tionne en par­tie grâce à des finan­ce­ments euro­péens et un sou­tien de l’A­gence Régio­nale de la San­té (ARS). “On entre dans le bud­get des poli­tiques concer­nant l’u­sage des drogues. Si on regarde ce bud­get dans sa glo­ba­li­té, 77% de l’argent est alloué à la répres­sion. On vou­drait ren­ver­ser la ten­dance vers la san­té et la réduc­tion des risques”.

©Spi­ri­tek

Cette stu­pé­rette qu’ils ouvrent le 26 juin après-midi est sym­bo­lique et s’ins­crit dans le cadre de la Jour­née mon­diale “Sup­port Don’t Punish”. Une cam­pagne inter­na­tio­nale jus­te­ment contre les poli­tiques répres­sives envers les drogues et les usa­gers. “On veut faire réflé­chir autre­ment les gens et les auto­ri­tés : au bout de 50 ans de poli­tiques répres­sives, on sait que ça ne marche pas. On ne dit pas que la léga­li­sa­tion et les drug­stores sont la solu­tion ultime au pro­blème, pré­cise l’a­ni­ma­trice. Mais pen­ser une alter­na­tive est pos­sible”.

Pour aller voir ce qu’est une stu­pé­rette, ren­dez-vous donc le mer­cre­di 26 juin entre 15 heures et 17 h 30 au 7 rue Gus­tave Delo­ry. Il y aura une conf’ de presse juste avant, ouverte à tous, et ensuite des visites orga­ni­sées par Spi­ri­tek. Un lien sans juge­ment vers l’event Face­book est a consom­mer sans modé­ra­tion.