[Top Cheffe] Camille Ciora, du Britney : le légume, les herbes, l’assaisonnement

Dans Food Porn, Lille
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On vous parle tout le temps de restaurants qui ouvrent. Et on rencontre souvent leurs chefs, passionnés et doués. Mais on pourrait croire que la gent masculine squatte les cuisines lilloises en mode hégémonie totale. On a eu envie de mettre un peu de lumière sur les femmes cheffes, cet été. Et on commence avec Camille Ciora, qui officie dans les nouvelles cuisines de Britney à J.-B.-Lebas.

Elle a 24 ans mais son parcours est déjà celui d’une cuisinière chevronnée. Camille Ciora a grandi à Tourcoing, et a appris à transformer sa passion en métier à Paris. “J’ai eu un bac ES. Après, je suis partie en médecine, mais ça ne m’a pas du tout plu. Je voulais faire de la cuisine, alors je me suis inscrite à l’école hôtelière de Tourcoing.” Camille déroule son histoire comme si tout était absolument normal. Abandonner médecine pour se mettre aux fourneaux, le schéma classique bien sûr. “Ça n’a pas été hyper simple à faire accepter à mes parents, concède-t-elle. C’est un métier dur, on n’a pas d’horaires, c’est fatigant, ils ne voulaient pas ça pour moi…” Mais elle s’accroche.

Trois ans de rigueur

L’école hôtelière a été une bonne préparation pour l’école Ferrandi.” La grande école de cuisine gastronomique parisienne où des chefs meilleurs ouvriers de France forment la relève durement sélectionnée au concours. “Ça t’apprend une rigueur que tu n’as nulle part ailleurs.” Là-bas, elle va passer trois ans. Camille est manifestement modeste. Parce qu’en sortant de là, elle est immédiatement embauchée comme sous-cheffe chez Claude Colliot, un restaurant gastronomique dans lequel elle a déjà fait des stages manifestement réussis.

#HomeMade

Un an et demi plus tard, c’est au Bel-Ordinaire, dans le Xe arrondissement, qu’elle rejoint son mec, Théo, lui aussi chef. “On est très complémentaires, on se tire vraiment vers le haut en cuisine.” Là, ils ont totale liberté sur le menu. On a appris à tout faire nous-mêmes : les fromages, le pain, les pâtes…” Chaque semaine, ils réinventent la cuisine de bistrot pour des habitués qui leurs font totalement confiance.

Jusqu’à ce que les associés du Babe et du Mother viennent chercher le couple pour l’ouverture de leur nouveau resto à J.B.-Lebas. “C’était vraiment génial, on a pu ouvrir le restaurant comme si c’était le nôtre. C’était une super opportunité.

Le goût du légume

Là, Camille et Théo se font un grand plaisir dans l’élaboration de leur carte. “Lui est plus sur les viandes et les poissons. Moi, je préfère le végétal et les desserts. Jamais plus de deux ou trois éléments par assiette. J’aime le légume pour le goût du légume, le travail sur les herbes, sur l’assaisonnement” Goûtez leur os à moelle, leurs radis-beurre, leur feta maison, vous aurez un bon aperçu de ce que la cuisine moderne a à vous offrir.

Une cuisine qui, pour Camille, va se composer de plus en plus au féminin. “C’est clair que tous nos profs étaient des hommes, à l’école. Mais on était une majorité de femmes dans les classes. Maintenant, il y a une grosse nouvelle génération de femmes cheffes qui sortent de l’école.” Il suffit, maintenant, de donner le temps à Camille et à ses consœurs de rétablir l’équilibre dans les brigades. Et selon elle, c’est bien parti.

Camille officie avec Théo au Britney, qui vient d’ouvrir au 21 boulevard J.-B.-Lebas.