[Top Cheffe] Olivia Provoyeur, du Rocambole : une cuisine instinctive et libre

Dans Food Porn, Lille
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On vous parle tout le temps de res­tau­rants qui ouvrent. Et on ren­contre sou­vent leurs chefs, pas­sion­nés et doués. Mais on pour­rait croire que la gent mas­cu­line squatte les cui­sines lil­loises en mode hégé­mo­nie totale. On a eu envie de mettre un peu de lumière sur les femmes cheffes, cet été. Aujourd’­hui, on vous parle de la rocam­bo­lesque Oli­via Pro­voyeur.

Ne deman­dez jamais à Oli­via Pro­voyeur de vous refaire une recette : elle ne les note pas, n’a pas de bou­quins de cui­sine, ne se fie pas aux tem­pé­ra­tures pré­co­ni­sées. “La cui­sine, ce n’est pas une his­toire de recette pour moi : c’est de l’at­ten­tion aux pro­duits. Il faut le tou­cher, le sen­tir, le goû­ter, le regar­der…” Elle est le genre de cheffe qui va venir en salle vous conseiller sur vos plats. Celle qui va vous faire chan­ger d’a­vis sur le fait que vous n’ai­mez pas les sal­si­fis ou la Saint-Jacques.

Autodidacte

Fille de res­tau­ra­teurs, elle s’est tou­jours dit qu’elle ne ferait jamais comme ses parents. Sauf qu’elle est tom­bée amou­reuse de la cui­sine il y a dix ans. Pas d’é­cole sur son CV, juste deux stages de quinze jours à la Lai­te­rie de Lam­ber­sart et à la Table des jar­dins de Bois-Gre­nier. “Je pen­sais ensuite deve­nir seconde dans un res­to, raconte-t-elle. Mais je me suis retrou­vée direc­te­ment cheffe dans un éta­blis­se­ment à Marcq”.

Autant vous dire qu’être une femme dans le milieu ne l’a pas le moins du monde ralen­tie. “Je ne me suis même jamais posé la ques­tion en fait. J’ai sim­ple­ment fait ce que j’ai­mais faire”. Oli­via est un élec­tron libre avec une bonne dose de fran­chise, autant dans sa per­son­na­li­té que sa cui­sine. L’en­vie de mon­ter son propre res­to avec sa propre iden­ti­té était la suite logique de sa toute jeune car­rière.

Elle passe un nou­veau cap en 2016 quand elle ouvre, seule, Rocam­bole, son res­to à Was­que­hal. “Je n’ai pas d’as­so­cié, juste un com­mis et une per­sonne en salle. Je ne dis pas que c’est facile tous les jours au niveau de la ges­tion. Mais je m’é­clate à faire ma cui­sine de sai­son, à l’ins­tinct.”

Le man­tra d’O­li­via chez Rocam­bole.

Gastro et gourmand

Sans règles, ni limites, la cheffe construit le menu du jour chaque matin selon son humeur et les pro­duits qu’elle a déni­chés. “Aujourd’­hui par exemple, on pré­pare les homards que j’ai rame­nés d’Au­dres­selles. J’ai envie de les pocher avant de les faire reve­nir au beurre et de mettre des girolles et des petits pois en accom­pa­gne­ment”.

Même si les plats d’O­li­via peuvent par­fois évo­luer au cours d’un ser­vice (l’ins­tinct, tou­jours l’ins­tinct), ils res­te­ront tou­jours simples, francs et effi­caces. “Je veux sim­ple­ment que mes assiettes parlent aux gens, qu’ils trouvent ça gas­tro mais avant tout gour­mand. Ce que j’aime , c’est la fina­li­té, cette phrase au départ du client qui prouve qu’il a juste pas­sé un bon moment et qu’il s’est réga­lé”.

Et ça fait cinq ans que le bouche-à-oreille fonc­tionne, que Rocam­bole a ses habi­tués et que les cri­tiques et guides citent le res­to de Was­que­hal dans leurs coups de cœur. On ne peut que vous conseiller d’al­ler tes­ter un midi sa for­mule sur­prise à 29€ avant que l’élec­tron libre que reste Oli­via ne décide de par­tir à 39 ans ouvrir un autre res­to dans une future ferme à la cam­pagne. On ne sait jamais…

Pour l’ins­tant, Rocam­bole est en vacances (bien méri­tées) mais le res­to (au 6 rue Émile Delette à Was­que­hal) rouvre ses portes dans quelques semaines. Pour suivre toute l’ac­tu du res­to, les events et les horaires, il suf­fit de suivre sa page Face­book.