[Top cheffe] Amélie Duprot, d’Itsy Bitsy, celle qui s’amuse à rendre le végétal gourmand

Dans Food Porn, Lille
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On vous parle tout le temps de res­tau­rants qui ouvrent. Et on ren­contre sou­vent leurs chefs, pas­sion­nés et doués. Mais on pour­rait croire que la gent mas­cu­line squatte les cui­sines lil­loises en mode hégé­mo­nie totale. On a eu envie de mettre un peu de lumière sur les femmes cheffes, cet été. Aujourd’­hui, on a vous parle d’A­mé­lie et de sa recon­ver­sion (réus­sie) dans la cui­sine végé­tale.

Il y a un an, trois copines ouvraient Itsy Bit­sy, un nou­veau res­to près de Répu­blique. En soi, rien de bien sur­pre­nant dans la valse des ouver­tures gour­mandes lil­loises. Sauf qu’i­ci, vous ne trou­ve­rez pas une once de viande, ni un gramme de beurre ou une goutte de lait de vache dans vos plats.

Ce concept 100% végé­ta­lien, le trio en a eu l’i­dée un soir de vacances au Por­tu­gal il y a trois ans. Quand il a fal­lu mettre la main à la pâte, c’est logi­que­ment Amé­lie, la cuis­tot de la bande qui s’y est col­lée. A 28 ans, elle a dû réin­ven­ter sa manière de cui­si­ner, elle qui a appris les bases de la cui­sine dans une école d’hô­tel­le­rie amié­noise “où c’é­tait plu­tôt le genre agneau cuit au beurre”.

Mais ça ne lui a pas fait peur. Au contraire, elle y a trou­vé le moyen de boos­ter sa créa­ti­vi­té. “Quand on enlève la viande, il faut jouer sur les cou­leurs, les tex­tures, la fri­ture… Il faut que, visuel­le­ment, les gens se disent devant l’as­siette qu’il n’y manque rien. Encore moins de la viande”.

Panna cotta salée

Oui, parce qu’It­sy Bit­sy n’est pas une can­tine des­ti­née aux seuls végé­ta­liens de Lille. Elle est pour tous les gour­mands qui aiment l’am­biance et la cui­sine d’un res­to de quar­tier. Le menu d’A­mé­lie change chaque semaine, au gré des légumes de sai­son et de ses envies du moment. (Mais ne lui par­lez pas de bud­dha bowls, ce n’est vrai­ment pas son dada.)

En digne fille de chef pâtis­sier, elle aime trans­for­mer les des­serts en plats salés comme la pan­na cot­ta ou le tira­mi­su (son défi de l’é­té). “Sinon mon truc, ma touche à moi, c’est la fleur de cour­gette, confesse t’elle. J’a­dore ce pro­duit et j’aime qu’il atter­risse dans mes plats où c’est lui la star alors qu’on a plu­tôt l’ha­bi­tude de le dégus­ter dans des gas­tros en accom­pa­gne­ment.”

Jeunisme

Amé­lie a beau avoir dû revoir toute sa façon de cui­si­ner, elle ne crache pas dans la soupe de ses études. “Même si ça n’a rien à voir avec ce que je fais aujourd’­hui, j’en garde de très bons sou­ve­nirs, c’é­tait la belle époque.” Elle a étu­dié la cui­sine pen­dant cinq ans et a pas­sé une autre for­ma­tion trai­teur avant d’al­ler faire ses armes dans les res­tos lil­lois.

Je n’ai jamais réel­le­ment eu de pro­blème de sexisme dans mes études ou mes anciens jobs. En revanche, quand on a vou­lu se mettre à notre compte avec Méli et Julie, des réflexions sur nos poten­tielles gros­sesses ou sur notre âge, on en a eu et ça a eu le don de par­ti­cu­liè­re­ment m’é­ner­ver”, raconte Amé­lie.

Sauf que l’é­ner­ve­ment, Amé­lie et ses par­te­naires le trans­forme en boost. Alors qu’It­sy Bit­sy fête (déjà) sa pre­mière année d’exis­tence, le res­to ne désem­plit pas, la créa­ti­vi­té d’A­mé­lie ne se tarit pas (celle de Méli pour la pâtis­se­rie non plus) et les filles ont déjà mille idées pour décli­ner Itsy Bit­sy. Mais ça serait aller trop loin dans le futur et Amé­lie est plu­tôt du genre à vivre l’ins­tant la sai­son pré­sente.