[Flashback] Ces Braderies qui ne se sont pas (du tout) passées comme prévu

Dans Braderie de Lille, Flashback, Lille
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Tous les ans, on se dit qu’on va certainement encore vivre une Braderie mémorable. Et puis il y a ces éditions qui laissent une marque indélébile dans les annales simplement à cause d’un gros “hic” ou parce que, comme pour 2020, elles ont carrément été annulée. 

1945 : Plus de guerre, plus de moules

Lille a été privée de Braderie pendant les deux guerres mondiales. Le cœur n’était pas à vendre, surtout quand tous les vêtements, denrées ou logements étaient réquisitionnés… Mais dès l’armistice signée, les Lillois se sont à chaque fois remis direct à brader.

En septembre 1945, à peine quatre mois après la fin officielle de la Seconde Guerre mondiale donc, la Braderie fait son come-back. Et hors de question de faire l’impasse sur les guest stars de l’événement, comme les moules.

Sauf qu’en trouver à la fin de l’été 45, c’est tout simplement mission impossible. La France est encore bien rationnée alors se faire une bonne assiette de moules est un luxe que les côtes françaises ne peuvent pas satisfaire.

Qu’importe : Lille va carrément les faire importer de Hollande. Quatre tonnes de moules débarquent alors par trains, début septembre, à Lille-Flandres. Mais aucun Lillois n’aura le plaisir d’y goûter. Car les services d’hygiène déboulent en gare devant les mollusques et les jugent impropres à la consommation. Elles n’ont même pas eu le temps d’aller faire un tour en ville : les moules sont directement jetées à la poubelles.

Après, les frites c’est bon aussi…

1996 : Il est le mort le lundi de Braderie

1996 n’est clairement pas une super année dans l’esprit des Lillois. Si vous avez des parents, oncles ou tantes qui sont des bradeux invétérés, ils ont certainement dû vous raconter le doux temps où la Braderie ne démarrait pas le samedi mais le dimanche soir.

Oui, la grosse fiesta dans des rues noires de monde, c’était dans la nuit de dimanche à lundi. Et, surtout, on bradait en mode nocturne. Tout le monde s’en accommodait bien puisque la plupart des employés lillois avait un congé exceptionnel pour le lundi de Braderie. On devait simplement tout remballer avant 13h30 ce jour-là.

Faire la fête et de bonnes affaires une veille de début de semaine était une exception que Lille chérissait. Sauf que les autres bradeux, ceux des contrées voisines, faisaient un peu la tronche : eux, n’avaient que leur week-end “traditionnel” pour venir chiner à Lille.

En 1996, le maire Pierre Mauroy bouscule tout ça. Désormais, on démarre les festivités juste après le semi-marathon, on brade beaucoup moins la nuit et on finit tout ça le dimanche soir avant que le soleil ne se couche. A l’époque, cette décision est surtout prise par rapport à la vague d’attentats terroristes à Paris de 1995 et donc au renforcement de la sécurité avec Vigipirate.

Mais bon, pas mal de Lillois retiennent surtout qu’ils ont perdu un jour de congé au passage.

2011 : Suspension et déluge

Certains d’entre vous l’ont vécue, cette fameuse Braderie. Tout démarrait super bien pourtant ce 3 septembre 2011. Il faisait chaud, très chaud. Tout le monde profitait d’une joyeuse braderie estivale et la traditionnelle nuit du samedi s’annonçait belle. Et puis là… “Braoum !” Un coup de tonnerre s’abat en début de soirée. Météo France sonne l’alerte : des pluies diluviennes ne vont pas tarder à débouler sur la capitale des Flandres. Elles seront accompagnées d’un vent assez costaud qui s’apprête à souffler à 90km/h.

La préfecture prend les devants et “suspend” la Braderie à 22 heures. C’est inédit. Du coup, c’est la débandade et les bradeux remballent leurs stands dans la panique, les fêtards (qui se sont clairement dit qu’un orage n’allait pas les arrêter) courent partout à la recherche d’un abri ou d’un pote perdu pendant le déluge.

Après une bonne douche nocturne, Lille s’est finalement réveillée groggy, mouillée mais prête à (re)brader. La météo, de nouveau sympathique, a permis de chiner comme si de rien n’était le dimanche.

2016 : L’annulation

Si vous avez bien lu l’article jusqu’ici, vous êtes donc au courant que seuls les conflits mondiaux avaient jusqu’alors eu raison de la Braderie. Jusqu’en 2016.

Alors que la France se remet à peine des attentats de Paris de novembre 2015, Nice est frappée le 14 juillet 2016 par l’horreur. Le choc se diffuse dans toute la France, jusqu’à Lille.

Le 5 août 2016, Martine Aubry convoque la presse et prononce ces mots qui en ont fait pleurer ou bondir plus d’un : “Nous avons vraiment tout fait pour [maintenir la braderie], mais il y a des risques que nous n’arrivons pas à réduire. C’est une décision douloureuse“.

Il y aura quand même eu quelques moules servies et d’irréductibles bradeux dans les rues.

Mise à jour de 2020 : Coronannulation 

Quand on a écrit cet article à l’été 2019, on l’avait terminé par : “On touche clairement du bois, du maroilles, de la moule… bref tout ce qui peut aider à ce que l’annulation de 2016 ne se reproduise plus. Jamais”. 

On n’a clairement pas assez mangé de moules l’année dernière pour contrer le mauvais sort. L’édition de 2020 n’aura donc pas lieu suite à la crise sanitaire que le monde entier vit encore actuellement. Avec 2 millions de visiteurs en moyenne, la ville et la préfecture ne voient pas comment organiser une braderie covid-friendly. La mairie parle déjà d’une éventuelle braderie des commerçants en mode indoor.

Mais on se rattrapera. Comme à chaque fois. On vient de voir que ce n’était pas la première fois que la Braderie sautait une année.Oon espère juste à chaque fois que c’est la dernière fois. 

Pour sourcer tout ça, on s’est fié à Elodie De Vreyer qui a écrit en 2014 “La Braderie, une histoire lilloise”. Et aussi à notre mémoire pour ce qui est de 2011 et 2016.