Le jardin de la Filature, à Hellemmes, le gros potager qui met tout le monde d’accord

Dans C'est green, Lille
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C’é­tait un vaste ter­rain en friche coin­cé entre deux immeubles, appe­lés la Fila­ture et la Manu­fac­ture. C’est désor­mais un pota­ger hors-sol géré par un col­lec­tif d’ha­bi­tants et sou­te­nu par la ville de Lille. Ce dimanche, une bonne fies­ta célé­bre­ra l’i­nau­gu­ra­tion offi­cielle du Jar­din de la Fila­ture.

Un sol pol­lué, une dalle de béton à deux mètres de pro­fon­deur qui abrite un par­king sou­ter­rain, une terre aban­don­née depuis plus de 10 ans… On a vu plus hos­pi­ta­lier, comme lieu d’im­plan­ta­tion d’un pota­ger de quar­tier. Mais voi­là, ce grand car­ré et ses défauts est la rai­son pour laquelle des habi­tants des immeubles Fila­ture et Manu­fac­ture se sont réunis, en 2018, en col­lec­tif.

On le voyait tous les jours, raconte Arnaud Pinet, membre fon­da­teur du col­lec­tif du Jar­din de la Fila­ture. Et avec mon conjoint Luc, on se disait qu’il fal­lait faire quelque chose.” Le couple démarre petit : “On a com­men­cé, avec quelques autres habi­tants, par un com­pos­teur pour recy­cler nos bio déchets. Et les Hel­lem­mois plantent aus­si, sans deman­der l’a­vis à per­sonne, quelques fleurs par ci, par là, sèment quelques graines sur des buttes de per­ma­cul­ture. On se disait qu’au pire, ce serait enle­vé par les ser­vices de la mai­rie, et voi­là, ce n’é­tait pas grave.

120 000 euros de la ville au Jardin

Passe un jour une voi­sine près du jar­din alors que le col­lec­tif y tra­vaille. “Elle avait, sans savoir qu’on exis­tait, dépo­sé l’i­dée un pro­jet de trans­for­ma­tion de cette friche en jar­din pota­ger dans le cadre du bud­get par­ti­ci­pa­tif orga­ni­sé par la mai­rie de Lille.” Et même si le col­lec­tif estime qu’il n’est pas prêt, le dos­sier passe toutes les étapes et ter­mine par­mi les pro­jets rete­nus. “On a eu une enve­loppe de 120 000 euros”, se réjouit Arnaud. Cette somme, la ville va donc la consa­crer à la dépol­lu­tion du sol du jar­din, et finan­ce­ra ensuite l’ins­tal­la­tion du pota­ger défi­ni­tif par le col­lec­tif du jar­din.

Là, on est en phase zéro, détaille Arnaud. On a créé un pota­ger hors sol avec bacs en palettes, et deux buttes.” Assez pour faire déjà une belle récolte : “On a eu pas mal de pertes avec la séche­resse de cet été, mais on a quand même fait pous­ser une belle diver­si­té de légumes.” Radis, salades, tomates, hari­cots, cour­gettes, blettes, choux de Bruxelles, poti­mar­rons, plantes aro­ma­tiques…

Dépollution des sols

L’an­née pro­chaine, la MEL va se char­ger de dépol­luer le sol de ce jar­din, pour per­mettre aux habi­tants de plan­ter direc­te­ment le pota­ger dans la terre. “Ce sera ce qu’on appelle la phase 1 du pro­jet. On va ins­tal­ler le pota­ger comme cœur du jar­din, et il sera entou­ré d’un espace de détente, avec de la pelouse, des bancs, des tables de pique-nique. On va aus­si ins­tal­ler des pas­se­relles inter­mé­diaires de fleurs pour atti­rer les insectes pol­li­ni­sa­teurs.

En atten­dant, le col­lec­tif, qui compte plus de soixante membres, ne peut que vous invi­ter à venir voir à quoi tout cela res­semble. Ce dimanche, le Jar­din de la Fila­ture sera offi­ciel­le­ment inau­gu­ré. Il y aura deux groupes de musique, un food-truck, des jeux anciens, un ate­lier pour créer des cartes à semer, un ate­lier cui­sine…” Et un stand du col­lec­tif, bien sûr, qui se fera un plai­sir de vous ren­sei­gner sur la manière dont on file un coup de main.

Ren­dez-vous ce dimanche au Jar­din de la Fila­ture, Sen­tier du Curé, à Hel­lemmes, entre midi et 16 heures. Et sinon, le Jar­din a une page Face­book avec des pho­tos de petites bes­tioles sur les feuilles du pota­ger qui montrent que la nature en ville, ce n’est pas une uto­pie.