Au Palais des Beaux-Arts, les secrets de fabrication des artistes

Dans Culturons-nous, Lille
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C’est bien gen­til de dire qu’on veut être un artiste, mais encore faut-il en avoir le talent, le génie, le je-ne-sais-quoi qui per­met de ren­trer dans la pos­té­ri­té. Pour sa grande expo d’au­tomne, le Palais des Beaux-Arts vous livre les secrets de fabri­ca­tion d’un artiste accom­pli.

“Le rêve d’être artiste”, c’est une expo qui retrace en une cen­taine d’œuvres, le che­min long et tor­tueux que les grands du monde de la créa­tion ont dû par­cou­rir pour en arri­ver là. C’est une bonne ques­tion, après tout : com­ment devient-on Picas­so ? Com­ment passe-t-on d’ar­ti­san à génie éter­nel ? L’ex­po compte vous pré­sen­ter ce che­mi­ne­ment à tra­vers un récit en six cha­pitres.

Parce qu’au com­men­ce­ment, il y a la signa­ture. Jus­qu’au Moyen-Age, la pro­prié­té artis­tique, le droit d’au­teur, tout ça, ce n’é­tait même pas un concept. A par­tir du moment où les artistes, au début de la Renais­sance, ont com­men­cé à dire : “C’est moi qui l’ai fait”, leur oeuvre s’est per­son­ni­fiée. Et ouais.

Misère et atelier de fonction

Le second cha­pitre vous raconte com­ment ces créa­teurs par­viennent (ou pas) à vivre de leur art. Cer­tains étaient bien vus auprès de la cour de leur époque, et avaient donc un petit appart’-atelier de fonc­tion pour peindre les nobles et princes. D’autres ont vécu misé­reux jus­qu’à la fin de leur vie. Pour autant, raconte le troi­sième cha­pitre, ca ne les aura pas empê­chés, pré ou post mor­tem, de se faire une place à la droite des dieux : on salue encore le talent d’ar­tistes qui ont vécu il y a un bon cinq cents ans, c’est dire.

©Sébastien Bon­ne­croy — Vanité, nature morte

Et bon nombre ont bien com­pris qu’il valait mieux maî­tri­ser leur image de bout en bout. Dali, Warhol, Fri­da Kah­lo, tous les artistes qui se sont peints sous toutes les cou­tures… ont par­ti­ci­pé à la créa­tion de leur propre mythe. Malin, hein ? L’ex­po s’at­tarde sur la créa­tion de la légende, sur le star sys­tem exploi­té par pas mal d’ar­tistes des XXe et XXIe siècles, avant de mon­trer, dans un der­nier cha­pitre, com­ment ils sont capables — aus­si — d’au­to­dé­ri­sion.

Goya, Azna­vour, Picas­so, Bank­sy, Cha­gal, Niki De Saint-Phalle, Gau­guin, Jeff Koons… L’ex­po­si­tion pousse le visi­teur à rela­ti­vi­ser le mot artiste, à en accep­ter plu­sieurs lec­tures. Vous ver­rez des pein­tures, des sculp­tures, des des­sins et gra­vures, mais aus­si des films et des émis­sions de télé. Et vous sor­ti­rez de là avec un aper­çu de la manière dont un artiste se construit lui-même.

©Blan­ckart — Moi en Gus­tave Cour­bet

L’ex­po démarre le 20 sep­tembre et s’a­chève le 6 jan­vier. Niveau tarif, comp­tez 10 euros pour tout le monde, 8 euros en tarif réduit. On vous invite à vous rendre sur le site du Palais des Beaux-Arts pour plus d’in­fos.