Les jeunes de la métropole lilloise ont plus de mal à quitter le nid que les autres

Dans Lille, Un toit sur la tête
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Ce n’est pas nous qui le disons mais l’In­see. Dans une étude qui vient de paraître, l’ins­ti­tut a com­pa­ré la situa­tion des jeunes dans plu­sieurs métro­poles de France. Bilan : dans celle de Lille, on quitte plus tard papa et maman. Mais il y a une expli­ca­tion à ça.

Déjà, repre­nons les bases : l’In­see (Ins­ti­tut natio­nal de la sta­tis­tique et des études éco­no­miques) des Hauts-de-France a pris ses chiffres de recen­se­ment de 2015 pour éta­blir cette étude. Elle vise donc les jeunes de 15 à 29 ans dans toutes les com­munes qui font par­tie de la MEL. Ce qui fait quand même un bel échan­tillon de 236 000 jeunes gens.

1 — Le constat

Pre­mière consta­ta­tion : il y a plus de jeunes dans la MEL que dans le reste de la région. Logique puis­qu’il y a ceux qui sont nés ici, plus ceux qui ont débar­qué pour leurs études supé­rieures. D’ailleurs, Lille et Vil­le­neuve-d’Ascq ras­semblent à elles-seules 38% des jeunes de la métro­pole et la moi­tié d’entre eux sont des étu­diants.

Les plus jeunes de la métro­pole (les 15–17 ans) sont, eux, davan­tage pré­sents vers Rou­baix et Tour­coing. Vu leur âge, il est nor­mal qu’ils n’aient pas quit­té leur chambre d’a­do.

En revanche, quand on sait que 45% de la tota­li­té des jeunes de la MEL vivent encore chez leurs parents, là ça devient un peu plus symp­to­ma­tique selon l’In­see : c’est quand même “six point de plus que dans les autres métro­poles de pro­vince”. Par exemple, dans celle de Tou­louse, ils sont 27% dans ce cas-là.

Et même si on res­treint l’é­chan­tillon uni­que­ment aux majeurs (18–29 ans), les chiffres de la MEL res­tent au des­sus de la moyenne natio­nale. L’ins­ti­tut avance plu­sieurs rai­sons pour expli­quer ce phé­no­mène.

2- Emploi et études

Il y a en réa­li­té des dis­pa­ri­tés au sein même de la métro­pole lil­loise : “Les com­munes attrac­tives pour les études et l’emploi sont celles où les jeunes vivent le moins sou­vent chez leurs parents”, explique l’In­see. Tra­duc­tion : Lille et Vil­le­neuve-d’Ascq, les deux villes de la MEL où il y a le plus d’é­coles et de cam­pus, sont celles où les jeunes vivent le moins sou­vent chez leurs parents.

Mais le poids de ces deux villes ne suf­fit pas à faire pen­cher la balance de toute la métro­pole lil­loise. Pour­quoi ? Parce que la MEL est aus­si géné­ra­le­ment moins bien lotie au niveau emploi des jeunes que les autres. La preuve : le chô­mage des jeunes est éga­le­ment fort dans la métro­pole d’Aix-Mar­seille et elle aus­si affiche un score de jeunes chez leurs parents très éle­vé (52%).

L’autre rai­son invo­quée, c’est le fait que 62% des jeunes de la métro­pole y sont nés, soit 9 points de plus que dans les autres métro­poles fran­çaises. Alors for­cé­ment, quand on ne roule pas sur l’or et qu’on peut être logé-nour­ri-blan­chi gra­tos à quelques arrêts de métro de la fac, pour­quoi aller cher­cher un appart’ ?

3 — D’enfant à enfants

Voi­là com­ment on se retrouve dans le coin à comp­ter 59% d’é­tu­diants par­mi les jeunes qui vivent encore chez leurs parents. Mais les années pas­sant, ce sont ceux qui n’ont pas de diplômes qui y res­tent.

Parce que bon, à un moment les jeunes qui ont fini leurs études, sont en couple (oui c’est un fac­teur aus­si pris en compte) et ont un job, quittent tout de même le nid. On fait même des enfants plus tôt par ici qu’ailleurs : à 26 ans, la moi­tié des jeunes de la MEL ont fon­dé leur famille.

Ah, et sachez aus­si que les femmes quittent leurs parents en moyenne un an plus tôt que les hommes.

Si vous vou­lez tout décor­ti­quer et com­prendre la métho­do’ de cette étude, il suf­fit d’al­ler la lire dans sa tota­li­té par ici.