Riposte veut collecter les biodéchets des restaurateurs de Lille

Dans C'est green, Ch'est bieau, Lille
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Pour donner une deuxième vie aux biodéchets des restaurants lillois, Élodie et Charles ont imaginé Riposte, une future micro-entreprise qui va les collecter pour les valoriser. Le tout avec un triporteur électrique. Comme ça, tout le monde est content.

Dans quelques années, il deviendra obligatoire pour les professionnels et les particuliers de trier leur biodéchets, alors pour faciliter la vie des restaurateurs en attendant le grand jour, Élodie et Charles, deux amoureux, ont décidé de monter leur boîte : Riposte.

Car pour vous concocter de bons repas, les restaurateurs se démènent à fond. Mais voilà : découper, éplucher, émincer et tous les autres verbes en “er”, ça produit des déchets dont il faut bien se débarrasser avant d’envoyer la vaisselle à la plonge. Sauf que, faute de temps et de solution, la plupart des déchets organiques, non triés, finissent à la poubelle. Et c’est dommage parce que “c’est de l’énergie qui part en fumée“, explique Riposte.

Concrètement, comment ça va marcher ? Déjà, ils vont commencer par les bases : sensibiliser au gaspillage alimentaire. Parce que le meilleur moyen de trier les déchets, c’est de les limiter. D’ailleurs, ils proposeront aux restaurateurs partenaires une “tarification incitative“. En gros, moins ils produiront de déchet, moins ils payeront. Ils leur proposeront des kits de tri à la source, qui leur permettront de séparer les biodéchets de leurs autres déchets.

Produire de l’énergie à base de biodéchets

Une fois cette étape réalisée, ils viendront collecter en triporteur électrique (une espèce de vélo avec une remorque) “au minimum deux fois par semaine“, les p’tits déchets dans le Centre, le Vieux-Lille, Wazemmes et Vauban-Esquermes. Ils seront ensuite amenés à un agriculteur partenaire de la région qui, grâce à son unité de méthanisation, va transformer les déchets en énergie. Cette dernière pourra être utilisée pour auto-alimenter l’unité. Ce qu’il reste, ça fera du digestat, qui pourra être épandu par l’exploitant agricole dans son champ et dans ceux des agriculteurs voisins.

Et ne pensez-pas que tout ça est impossible à mettre en œuvre pour les restaurateurs lillois. En fait, Charles est lui-même restaurateur depuis une dizaine d’années et il gère même son propre resto à Lille (la crèperie des beaux-arts pour les curieux). Donc, tout le processus a été testé et approuvé. “On a utilisé le resto de Charles comme labo, explique Élodie. Tout s’est passé comme sur des roulettes“.

Le midi, les gens ont 45 minutes pour déjeuner, on est dans le chaud alors il faut créer le réflexe“, indique Élodie. “Il faut œuvrer à tous les stades de la vie quotidienne des restaurateurs, en prenant en compte les contraintes d’odeur et de place“, poursuit Charles.

Un projet solidaire

Avant d’arriver à la création de Riposte, le couple a toujours eu “une sensibilité écolo“. “On ne peut pas être indifférent à ça“, estime Élodie. Mais pour Charles, ça c’est vraiment accentué dans son resto, quand il s’est rendu compte de son impact environnemental. Il a commencé par des petites actions, comme remplacer la San Pellegrino par de la Saint-Amand, plus locale, se débarrasser des sets de table en papier ou encore privilégier les produits locaux au maximum. Puis est venu le petit Riposte pour aller encore plus loin.

En plus d’être bon pour la planète, le projet a aussi une dimension solidaire. Les deux boss veulent “travailler avec des personnes en réinsertion sociale“, qui tourneront sur les postes, “pour que ce soit enrichissant pour tout le monde“. Alors, si vous aussi vous avez envie de faire votre part dans ce beau projet, donnez-leur de la force sur leur campagne de financement participatif sur Ulule.