Povera transforme vos collants usés en accessoires

Dans C'est green, Lille

©Hélène Verhelle

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Pove­ra Slow­de­si­gn, c’est le petit nom de la marque d’Hé­lène, une jeune entre­pre­neuse de 26 ans ori­gi­naire de Lille. Son truc à elle, c’est de récu­pé­rer vos col­lants usés pour leur don­ner une nou­velle vie et en faire de jolis acces­soires.

Les col­lants, c’est quand même bien pra­tique pour réchauf­fer nos gam­bettes quand il fait un peu frais. Mais, qui n’a jamais connu la frus­tra­tion de mettre une paire de col­lants neufs, qui se déchire envi­ron 4 secondes après l’a­voir enfi­lée ? En moyenne 2/3 des col­lants por­tés chaque année en France finissent par être jetés, ce qui repré­sente tout de même 104 mil­lions de col­lants, d’a­près une étude réa­li­sée par l’as­so­cia­tion Halte à l’Obsolescence pro­gram­mée (HOP).

Alors, Hélène a déci­dé d’en faire son che­val de bataille. Depuis un peu plus d’un an, elle a lan­cé Pove­ra Slow­de­si­gn (aka Pove­ra pour les intimes), sa marque d’up­cy­cling. Elle récu­père des col­lants usés et les trans­forme en bijoux, en cein­tures ou encore en tawa­shis, des petites éponges lavables et réuti­li­sables.

Hélène fait de l’up­cy­cling de col­lants et les trans­forme en acces­soires.

Aujourd’­hui, les col­lants sont por­tés 4 ou 5 fois, puis jetés. Ils sont trai­tés comme des déchets, ils sont brû­lés ou enfouis”, explique la jeune entre­pre­neuse de 26 ans. Il est pour­tant pos­sible de les dépo­ser dans les bornes qui récu­pèrent les vête­ments. “Les gens ne le savent pas, mais on peut dépo­ser ses vête­ments abî­més, ses col­lants troués et même ses sous-vête­ments dans les bornes”, pour­suit-elle. Lors­qu’ils ne peuvent plus être uti­li­sés ou réim­plan­tés dans le mar­ché de la seconde-main ces vête­ments sont com­pac­tés dans une grosse brique tex­tile et inci­né­rés, ce qui per­met de pro­duire de l’éner­gie, “c’est mieux que rien”, estime-t-elle.

Donner une seconde vie aux collants

Mais, ce qui est encore mieux, en atten­dant de trou­ver la recette pour des col­lants éter­nels, c’est de leur don­ner une seconde vie. Alors, Hélène a ins­tal­lé ses propres petites bornes de col­lecte à Lille et à Paris pour sau­ver ces pauvres petits col­lants et leur don­ner une seconde vie. Chez nous, les­dites bornes se trouvent chez Slow­mod, Oxfam et au mini­lab de la mai­son folies de Mou­lins. Et ça fonc­tionne plu­tôt pas mal parce que la jeune femme récu­père “entre 400 et 500 col­lants par mois”.

Après, Hélène s’oc­cupe de tout avec ses petites mains. Elle lave les col­lants qu’elle reçoit, les trie selon leur cou­leur, leur den­si­té ou encore leur type. Ensuite, elle découpe en spi­rale les jambes pour en faire une bobine. Et puis, elle uti­lise les tech­niques du tis­sage, du cro­chet, du tri­cot… pour fabri­quer ses acces­soires.

Pour fabri­quer ses petits acces­soires, Hélène doit d’a­bord trans­for­mer ses col­lants en petites bobines. ©Hélène Verhelle

Chez Pove­ra, rien ne se perd : “Tout se réuti­lise, raconte Hélène. La culotte sert à faire des tawa­shis. La cou­ture des orteils, je n’ai pas encore trou­vé quoi faire avec, alors je les garde pré­cieu­se­ment et j’ai­me­rais pou­voir en faire du rem­bour­rage”. Elle récu­père même les petites éponges qui ne sont plus uti­li­sables. “Une tawa­shi se garde entre 6 et 8 mois et se passe en machine. J’en ai déjà récu­pé­ré plu­sieurs dans mes petites bornes. Je ne sais pas encore ce que j’en ferai, mais pour­quoi pas, là aus­si, du rem­bour­rage ?”

Pour l’ins­tant, la créa­trice pro­pose des boucles d’o­reilles, des bra­ce­lets, des bagues, des col­liers, des cein­tures, des sus­pen­sions flo­rales, des élas­tiques à che­veux, des head­bands ou encore des éponges durables. Le prix de ses pro­duits varie entre 3,5€ pour un élas­tique à che­veux et 350€ pour un plas­tron très tra­vaillé. Et elle ne compte pas s’ar­rê­ter là : “J’ai­me­rais bien pro­duire du tex­tile à plus grande échelle grâce à l’up­cy­cling de col­lants d’i­ci un ou deux ans.” Affaire à suivre !

Si vous vou­lez vous lais­ser ten­ter par les pro­duits de Pove­ra Slow­de­si­gn, c’est ici. Vous pou­vez aus­si suivre le tra­vail d’Hé­lène sur Ins­ta­gram.