Lil’Pouss’, le projet d’écoquartier solidaire de tiny houses de Lille, avance à grands pas

Dans C'est green, Ch'est bieau, Lille

Photo ©David Buisine

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Photo ©David Buisine

Depuis près de deux ans, Christophe Thomas par l’intermédiaire de son association la Ch’tite maison solidaire, partage son sur-confort avec les personnes qui en manquent. Il loue sa maison sur Airbnb et l’argent récolté lui permet de payer le loyer de familles qui en ont besoin. Pour aller plus loin, il a co-imaginé Lil’ Pouss’, un écoquartier solidaire.

Les Lillois ont l’air d’apprécier l’idée de Christophe Thomas puisqu’en 2018, lors de la première édition du budget participatif, Lil’ Pouss’, son projet d’écoquartier solidaire, est arrivé premier et a reçu une subvention de 200 000€ de la ville.

AG des chtites maisons solidaires ! En route vers l'ecoquartier solidaire! A la rentrée on rentre dans le concret…

Publiée par La Ch'tite Maison Solidaire sur Dimanche 3 novembre 2019

L”objectif de l’écoquartier, c’est de proposer une réponse au squat urbain, qui peut coûter chers aux propriétaires ou aux collectivités. C’est une phase de transition pour sortir les personnes de la rue mais aussi une invitation à la sobriété et à l’écologie“, explique l’ex-banquier qui vient de démissionner de son poste pour se consacrer à son engagement.

Le quartier roi de la mixité sociale

Dans son futur écoquartier solidaire, Christophe Thomas rêve de mixité sociale. “On voudrait loger trois foyers en précarité, quels qu’ils soient, pour améliorer leur confort. C’est moins stigmatisant de vivre dans une tiny-house que dans une caravane, par exemple. On aimerait aussi deux foyers qui viennent du sur-confort, pour qu’il y ait une inspiration mutuelle“. Idéalement, Christophe imagine une famille de Lillois et un volontaire international, en partenariat avec la Fabrique Citoyenne des Mobilités du CRIJ.

En fait, Lil’Pouss’ un “tremplin vers le confort“. Chacun devra payer son loyer, car “c’est important dans le parcours d’insertion“. Mais, pour donner un coup de pouce aux foyers en précarité, Lil’ Pouss’ proposera des jobs “écologiquement rentables” : berger urbain, mineur urbain, bâtisseur écolo, permaculteur et professeur.

Au total, ils visent six emplois, deux pour chaque foyer en précarité. Grâce à une cagnotte Kiss Kiss Bank Bank, ils sont déjà bien avancé et ont presque atteint 40 000€ : “Ce qui va nous permettre de financer quatre jobs à mi-temps pendant un an”, s’enthousiasme le porteur de projet.

L’option tiny-houses va permettre à Lil’Pouss’ de se déplacer au gré des friches disponibles. Après, les foyers y resteront un laps de temps qui n’est pas encore vraiment défini, en fonction du besoin et de l’accompagnement de chacun : “L’idéal, ce serait 18 mois, estime Christophe. On visera une moyenne en fonction du profil.” Et chacun recevra un accompagnement, pour que le changement se fasse en toute sérénité.

Pour Lil’ Pouss’, la prochaine étape, c’est le conseil municipal de Lille en novembre. Il devrait vérifier que tout le projet est bien réalisable sur la friche qu’ils ont trouvée, dans le quartier Saint-Maurice de Lille, près de l’arrêt de tram Buisson. Si tout va bien, début des travaux en mars pour “recycler une maison qui existe déjàet rester dans la logique écologique du projet, histoire aussi de pouvoir y installer le premier foyer rapidement, en mars-avril, idéalement. Les autres devraient suivre progressivement jusqu’en septembre où il espère que tout le monde sera installé pépère dans son nouveau quartier.