Noty et Aroz, les street-artists qui ont fait de Lille leur terrain de jeu

Dans Culturons-nous, Dans la rue, Lille
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Vous êtes peut-être déjà tom­bés sur leurs créa­tions mi-per­son­nages de fic­tion mi-divi­ni­tés mytho­lo­giques. Depuis le prin­temps, un duo d’ar­tistes fran­çais a ins­tal­lé une petite dizaine d’œuvres sur les murs des rues de Lille.

Noty et Aroz, ce sont deux potes d’en­fance, qui se sont lan­cés, ensemble, dans l’art. Ils exposent leur œuvres, ou déposent leur street-art sur les murs des rues dans plein de villes de France et même du monde. Si vous vous bala­dez régu­liè­re­ment dans Lille, vous avez dû tom­ber sur leurs per­sos qui attirent l’œil.

Dès que vous tom­bez sur une de leurs œuvres, dis­po­sées “dans une espèce d’au­tel un peu reli­gieux”, il y a un QR code. Il suf­fit alors de le scan­ner avec votre télé­phone pour tom­ber sur le site inter­net de Noty et Aroz, où ils expliquent l’his­toire de cha­cune de leur divi­ni­té.

Ils partent de per­son­nages de fic­tions faci­le­ment recon­nais­sables comme Bat­man, Har­ley Quinn, Zor­ro ou encore un storm­troo­per, qu’ils mixent avec des divi­ni­tés et croyances du monde, genre le culte des morts au Mexique, des enti­tés Hin­douistes ou encore une déesse cel­tique. Ils retra­vaillent le tout à leur sauce, et hop, ils créent leur propres icônes reli­gieuses.

Trois saisons, 12 épisodes… pour l’instant

On fait de l’i­co­no­du­lie, c’est-à-dire de la repré­sen­ta­tion divine, indique Noty. On part de per­son­nages mas­qués, on en fait une ana­lyse scé­na­ris­tique pour en extraire des mots-clefs , des ques­tion­ne­ments, des idées…” Ensuite, les deux artistes des­sinent et déposent par­tout leurs divi­ni­tés, répar­ties en “sai­sons” et “épi­sodes”, à par­tir de cinq grandes familles :

  • Les per­son­nages issus de DC
  • Les per­son­nages issus de Mar­vel
  • Les per­son­nages issus de la science-fic­tion
  • Les per­son­nages d’hor­reur
  • Les per­son­nages d’une caté­go­rie indé­pen­dante

Pour l’ins­tant, les deux artistes ont déjà réa­li­sé deux sai­sons com­plètes et ont bien enta­mé la troi­sième.

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Publiée par Noty Aroz sur Same­di 15 juin 2019

Notre tra­vail, c’est de répandre gra­phi­que­ment une nou­velle mytho­lo­gie. On col­la­bore pour ça avec Le Pro­fes­seur, qui est un peu comme notre oncle spi­ri­tuel, explique Noty. Il a écrit en 2004 un bou­quin sur la théo­rie du syn­cré­tisme fic­tif.” Le syn­cré­tisme, c’est “un sys­tème phi­lo­so­phique ou reli­gieux qui tend à faire fusion­ner plu­sieurs doc­trines dif­fé­rentes”, selon notre pote Larousse.

En fait Le Prof’, comme ils l’ap­pellent, estime que depuis le début du XXIe siècle, une nou­velle mytho­lo­gie se déve­loppe où les gens ont ten­dance à véné­rer des per­sos de fic­tions mais aus­si des dieux issus de croyances plus tra­di­tion­nelles. Noty et Aroz tra­vaillent essen­tiel­le­ment sur ce mix pour créer leurs propres divi­ni­tés, celles de la Mytho­lo­ge­ny, issues des croyances syn­cré­tiques contem­po­raines, qu’ils des­sinent un peu par­tout dans le monde.

Pour l’ins­tant, il reste encore pas mal d’œuvres à aller che­cker à Lille : “Une fois qu’une œuvre est posée, on n’en est plus vrai­ment maîtres”, sou­ligne Noty. Et les deux artistes envi­sagent de repas­ser par Lille : “Ici, il y a un grand res­pect du tra­vail des street-artists et pas de pro­blème avec les forces de l’ordre. C’est une ville sym­pa. C’est sûr qu’on revien­dra, avec une forme d’art dif­fé­rente, mais on garde la sur­prise”, tease Noty. Stay tuned.