Le tribunal administratif a reconnu la faute de l’État dans la pollution de l’air de Lille

Dans C'est green, Lille, Politique

©Philippe Pauchet / La Voix du Nord

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En jan­vier, la requête de San­drine Rous­seau, ex-élue éco­lo­giste et vice-pré­si­dente à l’U­ni­ver­si­té de Lille, a eu gain de cause au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif. Ce der­nier a recon­nu que l’É­tat n’en avait pas fait assez à Lille pour lut­ter contre la pol­lu­tion de l’air. C’est une pre­mière, c’est impor­tant mais au-delà du sym­bole, qu’est ce que ça change pour les Lil­lois et leurs pou­mons ?

Ça a été “l’ex­cel­lente nou­velle” du début d’an­née pour ceux qui se battent, ici dans la métro­pole lil­loise, pour que de grands chan­ge­ments soient opé­rés pour amé­lio­rer la qua­li­té de l’air. Les pics de pol­lu­tion, les par­ti­cules ultra-fines, les bou­chons quo­ti­diens sur la voie rapide… Tout ça conduit à des bilans bien flip­pants comme 1700 morts pré­ma­tu­rées dans la métro­pole lil­loise en 2018, à des rap­ports de cher­cheurs édi­fiants et à des péti­tions lan­cées en ligne par des citoyens qui en ont ras le bol de tous­ser en ville.

C’est d’ailleurs parce qu’elle tous­sait pas mal que San­drine Rous­seau a atta­qué l’É­tat il y a trois ans. Elle avait sur­tout des sinu­sites chro­niques que l’ex-élue éco­lo­gique impute direc­te­ment à l’air lil­lois qu’elle res­pire chaque jour. “J’a­vais lan­cé un appel et on était plu­sieurs, à l’é­poque, à avoir enga­gé des pour­suites auprès du tri­bu­nal admi­nis­tra­tif, se sou­vient-elle. Mais trois ans, vous ima­gi­nez ce que ça repré­sente en terme d’en­ga­ge­ment de temps et d’argent pour payer les frais d’a­vo­cats ?” Sur­tout quand on sait ô com­bien il est encore dif­fi­cile aujourd’­hui de prou­ver clai­re­ment qu’il y a un lien entre son état de san­té et la pol­lu­tion atmo­sphé­rique.

Voi­là pour­quoi le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Lille n’a pas recon­nu ce der­nier point en jan­vier lors de son juge­ment. En revanche, le fait qu’il engage la res­pon­sa­bi­li­té de l’É­tat sur la mau­vaise qua­li­té de l’air à Lille est, pour San­drine Rous­seau, une étape plus qu’im­por­tante.

Une première

Ça veut dire que la pro­chaine fois qu’on atta­que­ra l’É­tat comme je l’ai fait, il pour­rait y avoir condam­na­tion, explique-t-elle. C’est une petite vic­toire qui a son impor­tance. Cette déci­sion de jus­tice est une pre­mière à Lille* et ce que je sou­haite, c’est qu’au delà des amendes que l’É­tat serait sus­cep­tible de devoir payer lors de pro­chains pro­cès, il y ait une réelle mobi­li­sa­tion des élus dans cette lutte.

San­drine Rous­seau parle ici de ceux de l’É­tat et bien enten­du de ceux de la MEL et de la mai­rie. À quelques semaines des muni­ci­pales, elle espère que la déci­sion ren­due par le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Lille pèse­ra dans la balance élec­to­rale.

Juste pour rap­pel, Lille est l’une des agglo­mé­ra­tions les plus pol­luées de France en terme de par­ti­cules ultra-fines. En décembre 2019, le Réseau Action Cli­mat, Green­peace France et UNICEF France ont publié un rap­port qui classe les douze plus grandes agglo­mé­ra­tions de France en fonc­tion de leurs actions contre la pol­lu­tion de l’air, notam­ment liée aux trans­ports. Spoi­ler : la métro­pole lil­loise ne fait pas par­tie du podium.

*D’autres pro­cès du même genre ont déjà eu lieu à Paris et Lyon.