La broderie s’expose sous toutes ses formes à la Manufacture de Roubaix

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La Manufacture, c’est le musée de la mémoire et de la création textile, situé à Roubaix. En plus de ses douze imposants métiers à tisser datant du XVe au XXe siècle, le lieu organise régulièrement des expos liées au textile. En ce moment c’est “Broderie : point de départ”, une expo consacrée à la broderie sous toutes ses formes (et il y en a beaucoup).

Vous pensiez que la broderie, c’était forcément sur un canevas ou sur un tee-shirt ? On vous arrête tout de suite, ce n’est pas le cas et si vous voulez en avoir le coeur net, vous pouvez aller à la Manufacture de Roubaix. Depuis le 1er février et jusqu’au 29 mars 2020, Lada Neoberdina et 26 autres artistes exposent la broderie sous toutes ses formes dans l’expo “Broderie : point de départ”.

Le titre est une référence aux différents points en broderie (croix, chausson, arrière…). Il est aussi lié à ma pratique perso de la broderie, ça a été un moment de libération pour moi. C’est un art très populaire, qui est toujours le point de départ de quelque chose : de rencontre, de souvenir, d’échange…”, estime Lada Neoberdina, l’artiste qui se cache derrière cette expo.

Ça, c’est Lada Neoberdina, artiste et commissaire d’expo’.

Dans cette exposition, on traite la broderie de près ou de loin, dans ses formes diverses et variées. On l’explore sous toutes ses formes et on se libère de son carcan traditionnel. C’est le lien entre public et personnel, entre intime et collectif”, explique la commissaire de l’exposition. Quand on vous dit formes variées, on ne plaisante pas. Dans les deux salles de l’expo’ et à l’extérieur, on peut retrouver de la broderie “traditionnelle”, au point de croix sur des canevas, de la broderie murale, du GIF brodé, un court-métrage, du mapping vidéo, des peintures, des performances, un bar à broder collectif et bien d’autres formes toutes plus chouettes les unes que les autres.

La broderie comme message politique

“Broderie, point de départ”, c’est l’occaz’ de voir, entre autres, la “Broderie Urbaine” de Lada Neoberdina, qui part, canevas à la main, dans les rues, prête à dessiner ce qu’elle y voit ; mais aussi les “Mauresques rhabillées”, des cartes postales brodées où Nada Diane Fridi utilise la broderie pour couvrir des femmes algériennes dénudées. On peut y découvrir de la broderie plus traditionnelle avec, par exemple, celles réalisées par les grand-mères de Lada : “C’est pour moi une façon de rendre gommage à mes origines, à mes grand-mères qui n’ont appris la broderie et à toutes les femmes qui travaillent en silence chez elles“, souligne celle qui est diplômée en design de l’espace urbain.

Cette expo a été réalisée dans le cadre du Contrat Local d’éducation artistique (CLEA) “Mutation Urbaine”. Ce dispositif, qui vise à sensibiliser à l’art et à la culture, accueille Lada Neoberdina en résidence pendant quatre mois. C’est dans ce cadre qu’elle est devenue commissaire de l’expo et qu’elle a choisit de ne pas exposer uniquement ses œuvres, mais aussi celles d’autres artistes : “J’avais du mal à imaginer la broderie contemporaine toute seule, je trouvais ça triste et dommage pour les autres“, explique l’artiste d’origine russe. Alors plutôt que de se faire une expo uniquement avec ses œuvres, elle a décidé d’ouvrir la Manuf’ à 26 autres artistes : 23 femmes et trois hommes.

C’est une expo engagée, militante. C’est lié à mon parcours. Pour moi, la broderie est une manière d’aborder des sujets difficiles sans le faire frontalement. Ça permet d’arrondir les angles. Après, chaque œuvre n’a pas un message politique”, explique l’artiste. Bref, une chouette expo qui montre que la broderie, ça ne sert pas qu’à faire beau.

Si vous voulez visiter “Broderie : point de départ”, c’est possible jusqu’au 29 mars. La Manuf’ est située au 29 Avenue Julien Lagache, à Roubaix. Elle est ouverte du mardi au dimanche de 14 heures à 18h30. Bonne nouvelle, c’est entrée libre pour vous faire l’expo. Si vous voulez en savoir plus, direction le site du musée ou celui de Lada Neoberdina.