Au LaM, découvrez l’œuvre protéiforme de William Kentridge

Dans Culturons-nous, Lille
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C’est un artiste majeur de notre époque. Quel­qu’un qui compte dans la créa­tion de la mémoire col­lec­tive de ce début de siècle. William Ken­tridge a répon­du à l’in­vi­ta­tion du LaM par l’af­fir­ma­tive. Une énorme expo­si­tion lui est consa­crée jus­qu’au 5 juillet.

Ça com­mence comme ça : en avril 1955 naît William Ken­tridge à Johan­nes­bourg. Membre d’une famille d’a­vo­cats por­tés sur la fin de l’A­par­theid (son père défen­dra Man­de­la), il est fis­sa plon­gé dans la thé­ma­tique des inéga­li­tés et du colo­nia­lisme. William Ken­tridge gran­dit et décide de deve­nir artiste. Ce qui est chouette avec lui, c’est qu’il n’est pas exclu­sif du tout : pein­ture, des­sin, sculp­ture, art vivant, vidéo sont autant de sup­ports qui portent ses mes­sages.

Et des mes­sages, il en a quelques-uns à faire pas­ser au monde. Cer­tains sont poli­tiques, comme son indi­gna­tion devant la dif­fé­rence de trai­te­ment entre Blancs et Noirs en Afrique du Sud, ou sa sen­si­bi­li­té face au sort des migrants du monde entier. D’autres mes­sages sont pure­ment poé­tiques, comme l’hom­mage vidéo ren­du à Georges Méliès, l’un des pères fon­da­teurs du ciné­ma fran­çais au tra­vers de sept vidéos très per­son­nelles. Il parle aus­si de sa vie d’ar­tiste, secouée de doutes et de remises en ques­tion. Sur ce sujet, le bon­homme n’est pas dénué de déri­sion.

“Animations du pauvre”

Et puis il y a ses vidéos, ses “ani­ma­tions du pauvre”, où il donne vie à des des­sins en les modi­fiant, image par image, pour leur don­ner vie sur film. Un tra­vail de four­mi, sombre et sym­bo­lique, que vous pour­rez admi­rer dans des pièces entiè­re­ment dédiées à ce sup­port.

William Ken­tridge peut par­ler colo­nia­lisme, com­mu­nisme, oni­risme ou encore de la pre­mière Guerre mon­diale sans jamais perdre sa patte, celle qui ajoute du noir à ses des­sins, ses tableaux, ses pochoirs, ses ombres chi­noises, ses vidéos. Un noir si per­son­nel qu’on a bien l’im­pres­sion de com­prendre un peu l’in­ti­mi­té de l’ar­tiste. Sans rire, l’ex­po vaut le détour.

Elle se déroule donc au LaM, à Vil­le­neuve-Ascq, jus­qu’au 5 juillet. Vous paye­rez l’en­trée 8 euros si vous êtes étu­diant. Sinon, ce sera 11 euros.