Le confinement a‑t-il amélioré la qualité de l’air à Lille ?

Dans C'est green, Lille
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Après une semaine de confi­ne­ment, on a deman­dé à Atmo Hauts-de-France s’il fai­sait mieux res­pi­rer à Lille depuis que tout rou­lait au ralen­ti.

On a tous vu cette carte assez éton­nante de la pol­lu­tion atmo­sphé­rique en Chine avant et après le confi­ne­ment du pays. Alors qu’à la même époque, en 2019, les pics de pol­lu­tion de l’air s’en­chaî­naient dans la métro­pole lil­loise, on espère for­cé­ment sen­tir un impact sur la qua­li­té de l’air dans le coin après une semaine de confi­ne­ment.

Selon les pre­miers constats d’At­mo, l’observatoire régio­nal de l’air, “Oui, on a noté une baisse de la pol­lu­tion à l’oxyde d’a­zote et, depuis ce week-end, aux par­ti­cules fines, annonce Céline Déro­siaux, la res­pon­sable com­mu­ni­ca­tion. Mais atten­tion, ce n’est pas une baisse ‘excep­tion­nelle’ et elle n’est pas liée seule­ment à la dimi­nu­tion du tra­fic rou­tier. C’est plus com­plexe que ça.”

Météo et confinement

En réa­li­té, il est encore trop tôt pour dres­ser une ana­lyse com­plète de l’ef­fet du confi­ne­ment dans la métro­pole lil­loise. Et, sur­tout, la pol­lu­tion atmo­sphé­rique n’est pas seule­ment liée à la cir­cu­la­tion ou aux éma­na­tions des usines.

Pour l’oxyde d’a­zote, par exemple, il y a plu­sieurs fac­teurs à prendre en compte :

  • le tra­fic rou­tier
  • l’ac­ti­vi­té éco­no­mique et agri­cole
  • le chauf­fage (sur­tout au bois)
  • les condi­tions météo­ro­lo­giques

For­cé­ment, en cou­pant l’une de ces ori­gines pol­luantes, on note une meilleure qua­li­té de l’air du côté des cap­teurs proches des grands axes rou­tiers, détaille Céline Déro­siaux. Sauf que celle du chauf­fage a de son côté logi­que­ment aug­men­té puisque les gens res­tent chez eux.”

Autre phé­no­mène non-négli­geable à prendre en compte : il a plu énor­mé­ment au début du mois, ce qui a contri­bué à assai­nir l’air. “En ce moment, la masse d’air a éga­le­ment chan­gé et on a eu pas mal de vent qui a rame­né des par­ti­cules de chez nos voi­sins mais qui aident aus­si à les dis­per­ser plus faci­le­ment.

Bref, c’est cette conjonc­tion de fac­teurs qui abou­tit à une amé­lio­ra­tion de la qua­li­té de l’air mais avec des concen­tra­tions qui res­tent tout de même “moyennes”. Dire que le confi­ne­ment amé­liore la qua­li­té de l’air à Lille est pour l’ins­tant un rac­cour­ci bien trop facile à faire. “On a besoin de plus de recul”, ajoute Atmo.

S’aérer en intérieur

L’autre pré­oc­cu­pa­tion de l’ob­ser­va­toire régio­nal, c’est la qua­li­té de l’air chez vous. Oui, parce qu’aé­rer son appart’ ou sa mai­son, d’au­tant plus quand on y reste H‑24, c’est aus­si très impor­tant. “Sur­tout si on met du chauf­fage, de l’en­cens, des déso­do­ri­sants ou si on fait des tra­vaux chez soi, liste Céline Déro­siaux. Il faut vrai­ment pen­ser à aérer son inté­rieur matin et soir.

On rap­pelle en pas­sant que le virus ne se balade pas dans l’air, vous n’a­vez donc aucun risque d’être infec­té en ouvrant vos fenêtres. Et pour les aller­giques au pol­len, ce n’est pas encore le moment des pics.