On a testé #PourEux, le mouvement solidaire qui cuisine et livre des plats maison aux SDF

Dans Ch'est bieau, Food Porn, Lille
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Depuis le début du confi­ne­ment, de nom­breuses actions sont menées pour aider les per­sonnes à la rue ou dans le besoin. Par­mi elles, il y a #Pou­rEux, un mou­ve­ment citoyen à la por­tée de chaque Lil­lois qui a envie de réga­ler son pro­chain.

On ne sait pas vous, mais nous, on a tou­jours un sou­ci quand il s’a­git de pro­por­tions. On a beau être deux dans l’ap­part’, il y a tou­jours à man­ger pour cinq une fois qu’on a fini de cui­si­ner. Au lieu de chan­ger cette vieille manie et d’ap­prendre à doser, on s’est dit que ça allait for­cé­ment pou­voir rem­plir l’es­to­mac de quel­qu’un d’autre que notre col­loc’ de confi­ne­ment.

On n’a pas eu à cher­cher bien long­temps pour tom­ber sur #Pou­rEux, le mou­ve­ment soli­daire qui a fleu­ri dans 17 villes de France et de Navarre et qui pro­pose à des cuis­tots en herbe et des bikers, dont le vélo rouille dans le cou­loir, de se mettre en contact pour aller réga­ler les per­sonnes à la rue.

Simple et social

Per­so, ça nous a pris moins de 5 min pour rem­plir le for­mu­laire en ligne et être mise en contact avec un autre Lil­lois volon­taire à deux roues. C’est donc Sébas­tien qui va venir récu­pé­rer notre panier repas dans le cré­neau horaire qu’on a indi­qué.

Hop, on pose notre rab de lasagnes dans de petits conte­nants avec une grosse part de cake au citron dont a déni­ché la recette sur Ins­ta’ et quelques échan­tillons de sham­poing. Le tout dans un sac kraft dont notre pla­card déborde avec un petit mot sym­pa des­sus.

Sebas­tien nous envoie un SMS une fois arri­vé en bas de notre immeuble, et, quelques gestes bar­rières bien res­pec­tés plus tard, on est de retour chez nous sans notre sac de vic­tuailles. Sébas­tien a quand même pris le temps de nous expli­quer où il allait par­tir le dépo­ser.

Plus simple que ça, on peut dif­fi­ci­le­ment faire mieux. “C’est sans cou­ture, c’est fluide, trans­pa­rent et c’est pour ça que ça fonc­tionne aus­si bien et qu’on espère conti­nuer après le 11 mai”, explique Garance, une autre Lil­loise membre du mou­ve­ment.

Riders et confi-cuistots

Cette employée de Décath’ est au chô­mage par­tiel depuis le début du confi­ne­ment et a vou­lu se rendre utile. Elle fait désor­mais par­tie de la team des livreurs à deux roues et enchaîne les kilo­mètres. Alors qu’elle ne s’é­tait jamais inves­tie dans aucune asso’ avant la crise, Garance est aujourd’­hui en charge de la page Face­book du mou­ve­ment à Lille.

Le fait que ce ne soit pas une asso mais un mou­ve­ment basé sur le volon­ta­riat et l’in­ter­dé­pen­dance des gens, ça rend tout beau­coup plus acces­sible et plus facile à s’or­ga­ni­ser fina­le­ment”, explique-t-elle. Tous les jours, de nou­veaux membres viennent s’a­jou­ter à la team des riders ou à celle des confi-cuis­tots. Plus de 3000 repas on déjà été dis­tri­bués depuis le 21 mars et 90 livreurs sont opé­ra­tion­nels sur la métro­pole lil­loise.

On va même jus­qu’en Pévèle, note Garance. Grâce à une appli’ et une conver­sa­tion What­sapp entre riders, on peut opti­mi­ser les tra­jets et cer­tains cuis­tots cen­tra­lisent les repas confec­tion­nés par leurs voi­sins de leur propre ini­tia­tive.

Et si vous n’êtes ni cycliste ni bon cui­si­nier, ce n’est pas un sou­ci. Vous pou­vez éga­le­ment faire un don de pro­tec­tions hygié­niques (#Pou­rElles) contre la pré­ca­ri­té mens­truelle des femmes à la rue. Ou rem­plir un sac de petites choses bien pra­tiques pour gagner un brin de confort quand on est dans le besoin comme des chaus­settes ou des sous-vête­ments… (#Pour­Ré­ga­ler)

Dès que vous avez de quoi confec­tion­ner un colis à livrer, il suf­fit d’al­ler rem­plir le for­mu­laire sur la pla­te­forme. Si vous vou­lez deve­nir livreur soli­daire, la team lil­loise en recrute cinq nou­veaux par jour max et il suf­fit de rejoindre le groupe Face­book local pour être tenu au jus. C’est là aus­si qu’on vous file plein d’as­tuces et les chiffres du mou­ve­ment sur la métro­pole lil­loise chaque jour.

Et après ?

Le mou­ve­ment ne compte pas s’ar­rê­ter une fois le 11 mai débar­qué. “On est en train de réflé­chir à l’a­près confi­ne­ment et on explore tout un tas de pistes”, affirme Garance.

Tout est est bien évi­dem­ment gra­tuit pour les volon­taires. Mais pour que tout roule sans grain de sable, il faut quand même faire fonc­tion­ner l’ap­pli’ pour riders qui a donc sa petite cagnotte Ulule, si vous vou­lez par­ti­ci­per aus­si de cette manière à péren­ni­ser le mou­ve­ment.