Déconfinement : pas mal de prévention, peu de sanctions… pour l’instant

Dans Dans la rue, Lille
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Ce pre­mier week-end décon­fi­né a été syno­nyme de soleil, de Lil­lois de retour dans les rues, d’un centre-ville entiè­re­ment pié­ton… et de quelques règles bafouées aux abords de la Cita­delle. On a fait le point avec Jacques Richir, adjoint de la ville aux espaces publics.

Si on fait un petit bilan, que rete­nir de ce pre­mier week-end décon­fi­né ?

“Glo­ba­le­ment, ça ne s’est pas mal pas­sé et les Lil­lois, dans leur immense majo­ri­té, ont res­pec­té les mesures liées au décon­fi­ne­ment. Que ce soit en ville ou dans les 75 ha du parc de la Cita­delle. On est donc confiants sur la suite. Tout n’est pas par­fait bien enten­du : on a eu quelques dif­fi­cul­tés same­di après-midi avec des éta­blis­se­ments qui ont décon­fi­né plus lar­ge­ment qu’ils ne le sont auto­ri­sés ave­nue Léon-Jou­haux.”

Deux éta­blis­se­ments que vous avez ver­ba­li­sés et que vous avez signa­lés à la pré­fec­ture… qui a dès lun­di inter­dit la vente d’al­cool à empor­ter sur la voie. Une déci­sion qui vous convient ?

“C’é­tait tout bon­ne­ment irres­pon­sable. Same­di vers 17 heures, on y a comp­ta­bi­li­sé jus­qu’à soixante per­sonnes devant, coude-à-coude en train de consom­mer : ça fonc­tion­nait fina­le­ment comme une buvette. Il y avait éga­le­ment de gros man­que­ments sur la mise en appli­ca­tion des gestes bar­rière. Une pro­cé­dure de fer­me­ture admi­nis­tra­tive tem­po­raire ne se fait pas en un jour, et c’est nor­mal puis­qu’il faut que les deux bars puissent avoir l’oc­ca­sion de se jus­ti­fier. Mais un arrê­té se fait plus rapi­de­ment et vu la colère du pré­fet same­di soir, sa rati­fi­ca­tion dès lun­di n’est pas une sur­prise et on s’en satis­fait.”

Vous êtes intran­si­geants sur le com­por­te­ment de la Guin­guette de la Marine et du Cor­fou (les deux bars incri­mi­nés), mais il n’y a pas eu de ver­ba­li­sa­tion des clients, pour­quoi ?

“A par­tir du moment où vous ser­vez un verre toutes les 15 secondes, vous savez que vous allez créer un attrou­pe­ment. La res­pon­sa­bi­li­té des exploi­tants est pri­mor­diale.”

A l’in­té­rieur de la Cita­delle, au quai du Wault et même au jar­din Vau­ban, pour­tant fer­mé, des attrou­pe­ments ont été vus. Mar­tine Aubry a lan­cé un aver­tis­se­ment dans La Voix du Nord aux Lil­lois mais concrè­te­ment, va-t-il y avoir des amendes qui vont tom­ber ou une fer­me­ture de la Cita­delle envi­sa­gée ?

“C’est jus­te­ment parce que nous ne nous vou­lons main­te­nir la déro­ga­tion accor­dée par le pré­fet pour réou­ver­ture de la Cita­delle que nous refu­sons que quelques irres­pon­sables la fasse sau­ter pour le reste des Lil­lois. A l’in­té­rieur de la Cita­delle même, 99% des gens res­pectent les mesures et la police muni­ci­pale orga­nise des rondes à vélo par groupe de trois. Pareil pour le Quai du Wault où, en effet, au moins trois fois same­di après-midi, les agents sont venus dis­per­ser des groupes. Sans amende car pour le moment, on reste en mode pré­ven­tion et que ces com­por­te­ments sont peu nom­breux.

Pour le jar­din Vau­ban, c’est for­cé­ment plus com­pli­qué de faire res­pec­ter la fer­me­ture qu’à J.-B. — Lebas avec ses grilles. On se dit que l’ar­rêt de la vente d’al­cool à empor­ter sur l’a­ve­nue juste à côté va jouer. Si on doit pas­ser à la ver­ba­li­sa­tion, ce sera parce que les abus se pour­suivent et deviennent récur­rents. Mais on reste plu­tôt confiants sur l’at­ti­tude des Lil­lois.”

Est-ce que ça veut dire plus de police muni­ci­pale dans le sec­teur ?

“On ne peut pas affec­ter un poli­cier muni­ci­pal toute la jour­née à Vau­ban. Les bri­gades mobiles à pied, à vélo dans le parc de la Cita­delle et en scoo­ter ailleurs font sur­tout plus atten­tion et sont plus pré­sentes aux heures de pro­me­nade. Mais ils ont aus­si d’autres mis­sions à accom­plir avec la sécu­ri­sa­tion des abords des écoles en semaine et la pié­ton­ni­sa­tion du centre-ville le same­di.

Ce qui n’est bien évi­dem­ment pas une rai­son pour lais­ser pas­ser des excès. Et même si on n’a aucune envie de com­men­cer à mettre des amendes ou de voir la Cita­delle fer­mée, on pren­dra les déci­sions qu’il faut si c’est néces­saire. A bon enten­deur.”