A Lille, un titre composé par une IA termine quatrième à un concours de chanson

Dans Geek, Lille, Music in my ears

Photo ©Algomus

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Le deep lear­ning, les réseaux de neu­rones, ça vous dit quelque chose ? Pour vous la faire courte, ce sont les fas­ci­nantes avan­cées faites ces der­nières années en matière d’in­tel­li­gence arti­fi­cielle. A Lille, une équipe de cher­cheurs de l’U­ni­ver­si­té a fait com­po­ser une chan­son à une IA. Et ça sonne bien.

Je ne sais pas si c’est une musique qu’on écou­te­rait tous les jours”, s’a­muse Mathieu Giraud, cher­cheur au CNRS, membre du labo­ra­toire CRIS­tAL et res­pon­sable de l’é­quipe Algo­mus qui a mené la danse. Mais c’est une musique, véri­ta­ble­ment. Un titre qui fonc­tionne bien, avec du rythme, une struc­ture, un tem­po cor­rect. Le mor­ceau a été co-écrit par l’é­quipe Algo­mus et une intel­li­gence arti­fi­cielle.

Rewind ? “On est une équipe d’in­for­ma­tique musi­cale, résume Mathieu Giraud. On fait de l’a­na­lyse de par­ti­tions, dans le clas­sique mais aus­si dans la transe, la pop, le rock, un peu tout en fait.” Un sujet chouette mais très aca­dé­mique. “On a eu envie de se tour­ner un peu vers le monde.” L’é­quipe tra­vaille donc avec des écoles, et sen­si­bi­lise les gens à l’es­sence même de la musique. “Par exemple, il y a des mor­ceaux où on peut dire que tel ou tel moment marche très bien parce qu’il y a une modu­la­tion dans un ton mineur.

Réseaux de neurones

Bref. En octobre der­nier sur­git l’i­dée de par­ti­ci­per à un concours de l’Eu­ro­vi­sion dans sa ver­sion IA. Oui, ce concours inter­na­tio­nal existe, et oui, les IA dans le monde entier créent de la musique. “Le pro­blème, c’est qu’on ne sait pas quelle est la part véri­ta­ble­ment com­po­sée par les pro­grammes”, déplore Mathieu. Avec le titre envoyé au jury, son équipe a donc joint une note expli­ca­tive pour pré­ci­ser ce que les humains ont fait, et ce que la machine a créé.

Pho­to ©Algo­mus

Pour faire simple, ce sont des réseaux de neu­rones arti­fi­ciels qui ont créé la struc­ture, avec un pont pla­cé au milieu d’un cou­plet de manière un peu sau­gre­nue, mais que l’é­quipe a choi­si de lais­ser tel quel. C’est l’IA qui a aus­si com­po­sé les paroles et la mélo­die.Pour la suite d’ac­cords, elle nous en a pro­po­sé une quin­zaine, on en a gar­dé 4 ou 5 et on a jeté les dés pour en gar­der une.” Mais c’est une étu­diante de Poly­tech Lille , Niam, qui a inter­pré­té le titre, et un tech­ni­cien en chair et en os qui a fait le mixage. “Fran­che­ment, on a été sur­pris par le résul­tat, confesse Mathieu. C’est très pop.

La col­la­bo­ra­tion humain/machine a donc per­mis à l’é­quipe lil­loise de ter­mi­ner qua­trième à ce concours, AI Song Contest. “On est très contents du clas­se­ment. Ceux qui ont gagné sont des Aus­tra­liens qui ont été aidés par un pro­duc­teur de musique. On est cher­cheurs, on n’est pas pro­duc­teurs. C’é­tait vrai­ment une très belle expé­rience.” Pour lui et son équipe, ce titre est la preuve que les humains peuvent tra­vailler en bonne intel­li­gence avec l’IA. “L’IA ne fait pas dans l’o­ri­gi­na­li­té, elle réplique. La vraie ori­gi­na­li­té, c’est ce que les humains vont en faire.

Pour en savoir plus sur le tra­vail d’Al­go­mus, on vous ren­voie vers son site inter­net.