Urban.ra, l’artiste derrière les phrases poétiques graffées dans les rues de Lille

Dans Dans la rue, Lille
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Difficile de fouler le pavé lillois sans remarquer ses phrases :”Tu mens”, “Renoncer est difficile” ou encore “En as-tu envie ?” Les pochoirs percutants ne passent pas inaperçus. Mais c’est loin d’être le cas de son/sa créateur.ice, Urban.ra, dont la mystérieuse identité reste secrète… À défaut de lever le voile sur l’artiste lillois.e, il/elle nous révèle plus d’infos sur sa démarche artistique.

Pourquoi avez-vous choisi le nom urban.ra ?

“ra” désignent des initiales importantes pour moi, mais urban.ra ne signifie rien en particulier. C’est surtout un nom simple à taguer et je voulais que les gens puissent facilement retrouver mon travail sur Instagram en voyant mes tags dans la rue. 

Vous avez décidé de garder l’anonymat, pourquoi ? Y-a t-il un côté Banksy dans la démarche ?

Pour Banksy, je ne sais pas vraiment parce que je ne sais pas pourquoi lui tient à rester anonyme et je n’oserais pas me comparer à lui ! Je ne sais pas trop ce qui me tient tant à coeur dans l’anonymat, mais je pense que je tiens déjà à représenter le maximum de monde. Je ne veux pas que mon travail soit associé à moi en particulier, je veux qu’il puisse appartenir à chacun. Et je pense aussi qu’il y a une autre démarche, pas vraiment artistique, mais simplement personnelle car je ne tiens pas spécialement à me mettre en avant. Tout me semble plus simple si je reste en retrait par rapport à mon travail et que j’observe les choses de loin. 

Depuis quand peignez-vous dans la métropole lilloise ? Avez-vous peint ailleurs ?

Ça va faire un an ce mois-ci ! Je n’ai jamais tagué ailleurs qu’à Lille mais je sais que certains séparateurs de voies en béton que je tague se retrouvent dans d’autres villes de la métropole, donc mon travail se retrouve hors de Lille sans que j’en sorte moi-même, ce qui est assez drôle !

Choisissez-vous les lieux en fonction de ce que vous voulez exprimer ? 

Non pas du tout ! Je tague là où c’est simple et pratique, ou là où on trouve déjà du street art. Après, je pense que quand j’ai commencé, je taguais un peu n’importe où mais c’était parce que je n’y connaissais pas grand chose. Maintenant, je tague là où il y a moins de chance que ce soit effacé et là où je dérange le moins de monde. J’essaie aussi que ce soit des endroits visibles.

Pour la technique, pourquoi utilisez-vous le pochoir en particulier ? Avez-vous déjà réalisé d’autres œuvres murales d’un autre style ?

J’utilise le pochoir car ça me semble pratique et j’aime bien ce moment où je m’applique pour découper les lettres. Et c’est ensuite assez rapide pour poser le pochoir contre le mur et utiliser le spray. Le rendu est ensuite très lisible, et généralement assez propre. Pour ce qui concerne les autres œuvres murales d’un autre style, je n’en ai pas fait d’autres. Mais un jour j’aimerais bien le faire, voire réaliser des messages intégrés eux-mêmes dans des oeuvres murales dessinées.

D’où puisez-vous votre inspiration pour les phrases que vous peignez ? Et pourquoi choisissez-vous ces phrases en particulier ?

Souvent, je me pose devant mon ordinateur et j’essaie d’écrire un long texte sur tout ce qui m’arrive, ce que je ressens, les choses que j’ai entendues et qui m’ont marqué.e, les pensées de mon entourage également. Ensuite je choisis des phrases en particulier qui me plaisent, qui résument bien ce que je dis puis je les travaille et les modifie jusqu’à obtenir un résultat que je trouve satisfaisant. J’essaie de faire des phrases de plus en plus longues et intéressantes. Ma dernière phrase : “Il aurait pu y avoir plusieurs futurs mais il n’y en aura qu’un” n’a plus rien avoir avec la première “Tu mens” et c’est agréable de voir cette évolution dans mon travail. 

Pour retrouver toutes les œuvres d’urban.ra (même celles qui ont été effacées), vous pouvez zieuter son Instagram.