Parklet, moins de stationnement et plus d’arbres : la ville de Lille veut métamorphoser la rue Solfé

Dans Dans la rue, Lille
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La rue de la soif Solfé, tout le monde la connaît à Lille. On y a tous déjà bu un godet, on a fait la queue devant le Sébasto’ ou traversé la place Philippe-Lebon. Ses 2,1 km de long vont connaître une transformation profonde ces prochaines années. La première phase de travaux devrait démarrer en 2021 et on vous détaille le projet. 

Si on met de côté les grands boulevards, la rue Solférino est tout simplement l’artère la plus longue de la ville. Elle ne se résume bien évidemment pas au seul secteur festif qu’elle partage avec Masséna puisqu’elle relie quand même la Citadelle à J.-B. – Lebas. En revanche, elle ne vend clairement pas du rêve quand on est un piéton ou un cycliste : quasiment aucun arbre, pas de bancs sur de grands trottoirs sans âme et des voies cyclables où on ne sent pas forcément hyper secure entre les voitures qui sortent des places de stationnement et celles qui roulent de manière continue sur la voie.

Et bien, d’ici quelques années, vous ne devriez plus la reconnaître, cette rue Solfé. La mairie de Lille a pour projet d’entamer sa “métamorphose paysagère” pour la rendre plus green-friendly, plus safe pour les modes de déplacements doux et donc, forcément, moins dédiée à la voiture. Au programme, mesdames et messieurs :

Safe bicycle

Finie la pauvre voie cyclable où on peut serrer la main de son voisin au volant de sa caisse. De vraies pistes cyclables indépendantes vont voir le jour tout au long de la rue et de chaque côté. Indépendantes, ça veut surtout dire qu’elles seront séparées de la voie automobile.

Séparation  végétale

Séparées par quoi ? Par une “trame végétale“. Elle reposerait sur une fosse continue (qui permettrait l’évacuation de l’eau de pluie vers la nappe phréatique) sur laquelle la ville entend faire pousser des fleurs, planter des arbres, installer des micro-potagers urbains, des bacs à compost, des bancs et des arceaux à vélos. C’est là aussi qu’on retrouverait les places de stationnement. Mais moins qu’aujourd’hui puisque l’objectif est de réduire d’environ 25% les quelques 600 places que compte la rue.

Pour vous donner un petit aperçu de la présentation faite par la mairie en conf’ de presse ce lundi. 

Parklet public

La ville pense même à y installer des “parklets” (ou placottoirs comme disent nos cousins québécois), sorte d’extension de trottoirs souvent en bois qu’on positionne justement sur les places de stationnement. On vous arrête de suite si vous pensez que ce seront de parfaites extensions de terrasses bien chill aux bars de Solfé-Masséna : elles n’ont pas du tout vocation à être privatisées. Des expérimentations pourraient toujours voir le jour mais leur emplacement tout comme leur usage (par des assos par exemple) sera à définir en priorité avec les habitants, dixit Martine Aubry.

Il y en a d’ailleurs déjà deux exemples du côté de la place Philippe-Lebon. Même si elles ne sont pas encore finalisées, ça vous donne un petit avant goût de la chose.

Place, place , place

Le long de la rue, il y a aussi des places qui doivent toutes aussi se refaire une beauté avec moins de béton et de voitures pour plus de vert :

  • place Jeanne-d’Arc
  • place Philippe-Lebon (qui a pris une longueur d’avance en devenant Philippe-l’Houblon)
  • place Sébastopol
  • square Ratisbonne (croisement Solfé-Gambetta)
  • place des Halles Centrales (là où il y a le grand Match)

Le but serait même d’en créer une nouvelle, tout à la fin de la rue, côté Citadelle, juste à côté de la rue de la Digue.

Changement d’ambiance

Bon vous l’avez compris, la voiture n’a plus vocation à être la reine de cette rue même si Martine Aubry se défend de vouloir l’éradiquer complètement : “Je ne veux pas d’un ‘centre-ville musée’, argue la maire. Quand je suis allée à Oslo, j’y ai vu un centre sans voitures mais aussi sans habitants. Ce n’est pas la configuration que je souhaite pour Lille.

Son objectif serait plutôt d’inverser les rapports de forces en transformant la rue Solfé avant tout pour le.la Lillois.e à pied, suivi du vélo et seulement après pour la voiture. On partirait sur une répartition de l’espace de l’ordre de 40% voiture et 60% pour les piétons et les autres modes de déplacements doux. De quoi “transformer l’ambiance et la paysage de la rue“, selon Stanislas Dendieviel, l’adjoint délégué à l’urbanisme et au paysage justement.

C’est pour quand ?

Voilà déjà deux ans que la mairie bosse sur ce projet qu’elle espère faire démarrer dans les prochains mois. Ça se fera bien évidemment par phase et la première sera dédiée au tronçon entre les places Philippe-Lebon et Jeanne-d’Arc. Difficile encore de tabler sur le calendrier de la suite puisque des concertations avec les habitants et des études doivent être lancées pour chaque tronçon de la rue.

La maire de Lille évoque pour l’instant une métamorphose complète pour fin 2022/courant 2023.La fin des travaux va dépendre de beaucoup de choses mais on espère s’attaquer à un tronçon de la rue par an pour éviter aussi de la bloquer complètement à chaque fois“, conclut Jaques Richir, adjoint entre autres à l’aménagement de l’espace public.

Pour la notre de conclusion, on vous signale juste que si vous habitez justement dans le tronçon de la rue Solfé qui va se refaire une beauté dès 2021, il y a une réunion publique prévue ce mardi 8 septembre à 18 h 30 à la salle du Gymnase (place Sébastopol). Il y a aussi une autre rencontre le jeudi 17 septembre mais cette fois-ci pour faire un diagnostic en marchant.