Beeche, l’hydromel pétillant, léger et floral créé par un Lillois

Dans Chill, Lille
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Prenez du bon miel, diluez-le dans de l’eau, faites le fermenter avec un bon paquet de levures. Voilà la recette toute simple de l’hydromel. Paul-Augustin a décidé de remettre ce vieil alcool, quasi aussi vieux comme l’humanité au goût du jour en lui donnant une bonne dose de bulles et de légèreté. Testé et approuvé par notre gosier. 

Si on retrouve l’hydromel dans des épisodes d’Astérix ou sur la table des festins de GOT, c’est parce que c’est l’une des premières boissons alcoolisées inventées par l’homme. Bon, à l’époque, il ne fallait pas trop forcer dessus si on voulait repartir à cheval de la soirée car certaines cuvées tiraient quand même jusqu’à 18%. “C’était aussi super sucré, limite liquoreux.Aujourd’hui on pourrait un peu le comparer au chouchen breton“, explique Paul-Augustin Delattre, le jeune Lillois qui s’est donné comme défi, il y a un an maintenant, de moderniser cet alcool.

Moins d’alcool, plus de bulles

Vous le connaissez déjà, P-A si vous lisez Vozer depuis longtemps (genre très longtemps). Avec son pote Thomas, il avait créé en 2017 à EuraTech’ un algorithme qui permettait de savoir le vin qui nous correspondait le mieux (selon nos goût, pas notre signe astro’ hein). Ça avait si bien marché qu’ils avaient lancé dans la foulée leur concept de box de vin et de carte cadeau, toujours avec leur super algorithme Melchior en background.

Et bien dites-vous qu’ils vendu tout ça pour se consacrer à d’autres projets. Paul-Augustin, l’œnologue du duo, s’est donc lancé dans la recherche de recettes et production d’hydromel. “Après Melchior, j’avais vraiment cette envie de produire quelque chose. J’ai repensé à mes années d’études au Royaume-Uni et au fameux sparkle mead que j’ai pu boire là-bas.” La traduction française de sparkling mead, c’est d’ailleurs “hydromel pétillant”. Sauf qu’on en produit pas des masses par chez nous puisque quand veut des paillettes dans notre vie bulles dans notre verre, on opte traditionnellement pour bière, cidre ou champ’ (OK, du crémant aussi).

Pendant un an, Paul-Augustin a fait jouer son réseau d’œnologues et de mixologues pour composer sa propre recette d’hydromel. “Je voulais un produit ultra naturel, sans ajout de sucre ou de conservateurs et beaucoup moins alcoolisée que l’hydromel de base.” Les cuves de brassages nordistes ne sont pas forcément les meilleurs alliées pour le coup. P-A est donc parti en Normandie pour faire fermenter à basse température ses trois miels dans des cuves qui servent traditionnellement aux cuves de poiré.

Trois cuvées pour un Beeche

Trois miels, donc trois cuvées “Beeche” à 4,5° (ça change des 18°) qu’on vous détaille ici :

  • Litchi : le miel ne vient pas de France mais de Madagascar. P-A l’achète via une asso française qui construit des ruches qu’ils envoient justement là-bas. C’est la saveur la plus fruitée, celle qui fera le plus consensus. L’hydromel est doux, frais et la douceur de miel ne transparaît qu’à la fin.
  • Tilleul : le miel au tilleul utilisé ici vient de la forêt d’Halatte et ça se sent. C’est la cuvée la plus végétale et elle détonne directement en bouche et ne laisse pas indifférentes les papilles. Le miel est plus présent à la fin que le litchi et apporte toute la rondeur qu’il faut à ces fortes notes herbacées.
  • Lavande : le miel vient bien évidemment de Provence. Certain.e.s diront que cette cuvée leur rappelle les arômes d’un thé noir ultra floral. D’autres que ça leur rappelle les plantes médicinales. C’est quoi qu’il arrive une cuvée très aromatique.

Et le miel du Nord alors ? P-A est sur le coup, bien évidemment. Une cuvée avec du miel du coin pourrait voir le jour pour Noël mais il est encore bien trop tôt pour en boire en parler.

Ne demandez pas du Beeche au bar ce soir, pour l’instant, l’hydromel moderne n’est dispo à la vente à Lille qu’au concept store Cigoire (rue Esquermoise). Mais on devrait très vite le retrouver aussi aux Halles Modernes et chez les chocolatiers Jean Trogneux. Pourquoi pas ensuite dans quelques bars à cocktails. Et si cet hydromel n’a pas le même titrage en alcool qu’une bière, il n’a pas le même prix non plus : comptez 6 euros la bouteille de 33cl et 11 euros la bouteille de 75cl. 

Et on aurait presque oublié de vous parler de la pote modération qui s’associe très bien à la consommation de ce breuvage.