Allô Tantie, la plateforme qui veut vous mettre en lien avec les cuisinières africaines de votre quartier

Dans Food Porn, Lille
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En Afrique de l’Ouest, on est maman quand on a des enfants, mais aussi quand on remplit les estomacs de ses voisin.e.s et de ses proches de spécialités du coin qui réconfortent. En France, elles sont nombreuses à proposer thiéboudienne, poulet yassa et autres délicieux mafés. Allô Tantie entend les référencer sur sa plateforme.

Dans les pays africains, n’importe qui peut vendre de la nourriture, démarre Wilfried, fondateur d’Allô Tantie. Il lui suffit de tirer une table dehors, et voilà. En France, ça existe aussi, au bouche à oreille : on sait que telle maman fait son bissap dans tel immeuble, telle maman propose du mafé… Ça se fait énormément. “Et c’est légal, tant que ça reste des revenus d’appoint, comme quand on vend des sapes sur Vinted ou des meubles sur le Bon Coin.

Wilfried, lyonnais d’origine camerounaise, a l’idée de rendre plus visible ces cuistots lorsqu’arrivé à Bourg-en-Bresse pour le travail, il galère à trouver un réseau de mamans. “Je me suis dit que ce serait bien qu’une plateforme les référence“, raconte simplement Wilfried.

Voilà comment Allô Tantie est née. La plateforme se présente sous forme de carte. À Lille, pour le moment, seuls les restaurants de cuisines africaine et caribéenne sont référencés, mais Wilfried lance un appel à celles et ceux qui voudraient y figurer. “Souvent, elles mettent des petites annonces sur le Bon Coin ou sur la market place de Facebook. Ce sera plus simple pour elles d’avoir un outil dédié.

Alloco, mafé, yassa

Bientôt le site permettra de faire son choix et de payer en ligne. Les client.e.s n’auront plus qu’à aller toquer à la porte de leur cuisinière pour récupérer leur commande d’alloco (si vous n’avez jamais goûté ces bananes plantain frites, vous avez loupé votre vie), de mafé, de tiep, de poulet yassa… Les mamans référencées auront, lors de leur inscription, signé une charte qualité où elles s’engagent à respecter la chaîne du froid et les règles d’hygiène en vigueur.

On accompagne les cuistots sur la partie juridique, on les invite à prendre le statut d’autoentrepreneur si le volume de commandes est très important, et on espère pouvoir leur proposer bientôt une assurance qui les protège.” Wilfried espère, lorsqu’Allô Tantie aura trouvé son public, que la gastronomie africaine prendra toute sa place dans le paysage culinaire français. “J’ai envie de montrer que la cuisine africaine peut plaire autant que la cuisine asiatique, qui est bien installée en Europe.” Goûtez un mafé fait par une maman qui s’y connait, vous nous en direz des nouvelles.

Pour aller voir de quoi ça s’agit, voilà le site d’Allô Tantie. Et Facebook. Et Instagram.