Atmo utilise un nouvel indice de l’air et on vous explique ce que ça change

Dans C'est green, Lille
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Depuis le 4 janvier, l’observatoire régional de l’air en Hauts-de-France publie de nouvelles cartes de la qualité de l’air plus précises mais surtout bien différentes de celles qu’on avait jusqu’alors l’habitude de voir. On vous explique tout ce que ça implique et, surtout, pourquoi vous allez avoir l’impression qu’on respirera plus fréquemment un air “mauvais” à Lille.

Dites-vous que l’indice qu’utilisait Atmo jusqu’alors était le même depuis… 1994. Il était donc temps de faire une bonne mise à jour dessus. Avec les avancées techniques, Atmo est par exemple désormais capable de calculer la qualité de l’air sur l’ensemble du territoire grâce à ses capteurs mais surtout ses modélisations poussées.

Sauf que nos cartes n’affichaient jusqu’alors un indice chiffré sur la qualité de l’air des villes de plus de 100 000 habitants“, explique Laure Roussel, chargée de communication scientifique à l’observatoire. C’était simplement la réglementation en vigueur en France. Mais depuis 2021, on est donc passé à la règlementation de l’Agence Européenne pour l’Environnement (AEE).

Ça donnait ça en 2020. @Twitter_Atmo

Alors pour nous, Lillois.es, ça ne change pas grand chose en soi mais pour les gens de la région qui habitent bien loin d’une grande ville (il y en avait 13 au total), difficile de savoir quel air ils respiraient dans leur commune. Désormais, l’indice n’est plus un chiffre mais un dégradé de six couleurs qui va de “bon” à “extrêmement mauvais” et qui couvre l’ensemble du territoire.

Et maintenant ça donne ça. @Twitter_Atmo

Et comme on vous le disait plus haut, grâce à des calculs et à la modélisation, chaque habitant.e de la région peut avoir un aperçu de la qualité de l’air de sa commune et pas juste celle de la grosse ville la plus proche. “On réussit à avoir un maillage avec une précision d’un kilomètre sur un kilomètre, détaille Laure Roussel. Mais attention, on fonctionne un peu comme la météo et ça reste des estimations et donc des projections.”

L’arrivée des PM 2,5 dans le calcul

Autre grand changement avec la nouvelle réglementation : la prise en compte des particules PM 2,5. Ces microparticules nocives, Atmo les mesure déjà depuis plusieurs années (avec 17 capteurs sur le territoire) mais elles étaient prises en compte de manière globale avec les particules PM 10. “Concrètement, ça veut dire qu’on prend maintenant en compte cinq polluants au lieu de quatre. Ce sera d’autant plus représentatif, surtout qu’on sait maintenant que les PM 2,5 sont des polluants qui ont des conséquences sanitaires avérées.”

Attention, vous n’aurez pas d’alerte pour un épisode de pollution aux particules PM 2,5 déclenchée par Atmo : ce dispositif est différent de celui des indices et il n’existe pas encore pour ces particules. Vous aurez simplement des indications sur la concentration journalière de ce polluant.

Seuils plus bas

Au début de l’article, on vous expliquait que vous alliez certainement avoir l’impression que la qualité de l’air sera bien plus mauvaise qu’avant. Pourquoi ? Parce que l’indice se base désormais sur les seuils européens et non plus français. Et les premiers sont plus bas que les seconds. Tout simplement. “Les qualificatifs sont également plus stricts, ajoute la chargée de com’. Alors que la classe ‘très bon’ a disparu, celle du ‘extrêmement’ mauvais vient de faire son apparition.

Forcément, la logique veut que la qualité de l’air à Lille ou ailleurs dans la région compte désormais plus de jours avec une qualité de l’air “mauvais” ou “très mauvais”. Mais ce n’est pas l’air qui est fautif pour le coup, juste la méthode de calcul.

Si ça vous intéresse de savoir quel air vous respirerez demain, vous pouvez vous abonner gratuitement à la newsletter d’Atmo via son site internet. Perso, on préfère suivre le compte Twitter.