A Fives, la nouvelle galerie d’art Mur/Mur expose les masques brodés de Titouan Bordeau

Dans Culturons-nous, Lille
Scroll par là

Attention, nouveau spot culture, l’un des rares à être autorisés à recevoir du public : la salle d’exposition Mur/Mur vient de s’installer dans un espace collé à Lasécu, la salle d’art contemporain (ouverte aussi, btw). Entre deux confinements et malgré le couvre feu, la salle accueille son premier artiste : le touche à tout Titouan Bordeau.

C’est l’ancien cabinet du docteur, du temps où la Sécu (la vraie), habitait rue Bourjembois. Deux pièces qui donnent sur la rue, pas très grandes, mais chaleureuses et lumineuses. Dans des vitrines, sur des tablettes longeant les fenêtres, et sur une grande cimaise, des masques brodés à la main par Titouan Bordeau, artiste à l’œuvre protéiforme originaire de Valence.

Son exposition, intitulée Coton sauvage, est d’une grande douceur, un peu à son image. “Je cherchais à fabriquer des masques, raconte cet artiste autant à l’aise dans la création d’animations, le travail du bois et la céramique. Il y a trois ans, chez Emmaüs, j’ai trouvé un kit de broderie. J’en ai fait un premier masque, et j’ai trouvé ça vraiment trop chouette, alors j’en ai fait d’autres. J’ai passé trois ans comme ça, à ne jamais m’ennuyer.

Lors d’un passage à Lille, il tombe sur Stéphane Bruneau, fondateur de l’association Traffic, qui promeut et accompagne les artistes d’art urbain et contemporain. Les deux amis joignent leurs forces pour obtenir une résidence de création au Flow. “On a travaillé sur les masques de Titouan, raconte Stéphane. On les a sortis, on a fait une semaine de captations photographiques dans la ville.

De quoi alimenter une parution qui accompagne l’expo, de la maison d’édition Path, créée par Stéphane pour permettre aux artistes qu’il soutient d’avoir un support à présenter. L’année 2020 n’aidant pas, ce n’est que maintenant que l’artiste peut présenter son travail. “On a un peu ouvert la galerie en décembre, mais on ouvre véritablement ce week-end“, confirme Stéphane.

“Des pixels qu’on remplit”

Ses masques sont des personnages qu’il porte avec lui depuis toujours, dans sa tête et dans ses carnets. “J’essaie de réinventer des visages avec des influences africaines, asiatiques… Avec la broderie, c’est assez simple : c’est comme des pixels qu’on remplit, c’est hyper relaxant.” Pour chaque visage, il lui faut entre deux semaines et un mois de travail à l’aiguille.

Dans l’expo, on trouve aussi quelques peintures au cuivre (et au coton tige, true story), et des céramiques, toutes d’une belle délicatesse, toutes représentant les bonshommes que Titouan a dans la tête.

Il est bien sûr possible de visiter l’exposition, et même d’acheter un masque si le cœur vous en dit. Il faut s’inscrire avant pour être certain de pouvoir entrer, la jauge max du lieu étant limitée… à cinq personnes. Pour cela, rien de plus simple : il faut faire un mail à Stéphane pour réserver un créneau, du lundi au samedi : association.traffic@gmail.com.

Et on vous conseille de suivre Mur/Mur sur Facebook ou Insta, déjà parce qu’un jeu concours pour gagner une photo issue de la résidence de Titouan au Flow et une édition en risographie du livre autour de l’exposition Coton Sauvage y est organisé. Ensuite parce qu’après Coton Sauvage (visible jusqu’au 14 mars), Stéphane Bruneau accueillera le grand Bob59, figure du graffiti nordiste de par le monde. On vous avait prévenus, Mur/Mur est un cool lieu.

Pour y aller, rendez-vous au 26, rue Bourjembois et sonner chez “Mur/Mur”.