Les bières Motte-Cordonnier sont à nouveau brassées à Armentières

Dans Bière, Lille
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Ça faisait presque trente ans qu’aucune bière Motte-Cordonnier n’avait été brassée à Armentières. Avec l’installation de la nouvelle brasserie à deux pas de l’ancienne, le mal est réparé. On a eu droit à une petite visite guidée avec le descendant d’une longue lignée de brasseurs, Henry Motte.

On ne sait pas comment vous dire à quel point Motte-Cordonnier est une part intégrante du patrimoine historique d’Armentières. L’histoire démarre en 1650, rue d’Erquinghem (rue de Dunkerque) avec la création de la brasserie de l’Etoile. La famille Motte-Cordonnier l’acquiert dans les années 1750. Et le succès de l’entreprise familiale dure… jusqu’en 1993 à l’arrêt de l’activité brassicole sur son gigantesque site historique, construit en 1920.

Le site historique de la brasserie Motte-Cordonnier, construit en 1920.

On ne va pas ici vous faire toute l’histoire des transformations successives (Stella Artois rachète le site et la marque en 1970, et devient en 2005 le géant ABInBev qu’on connaît). Mais ce qu’il faut retenir, c’est que cette magnifique brasserie cathédrale est laissée en friche à la fin des années 2000, et est sauvée de la démolition par un classement aux Monuments Historiques.

Un gigantesque chantier a démarré il y a peu pour réhabiliter le lieu. C’est là qu’on arrive dans le vif du sujet : en 2019, les 9e et 10e générations de la famille Motte-Cordonnier se chauffent pour relancer la production de bière à Armentières. Les quinze membres de la famille se fédèrent, et Henry Motte, 29 ans, ainé de la génération n°10, lâche son taf dans l’informatique pour devenir brasseur. “Il a fallu redéposer la marque Motte-Cordonnier, on est repartis de zéro.

René, Emile et Camille

Quand on a commencé, on brassait chez 3 Monts, à Saint-Sylvestre“, précise Henry. La René, du nom du constructeur de la brasserie le long de la Lys dans les années 1920, sort rapidement chez les cavistes. Suit l’Emile, bière triple brassée en l’honneur d’Emile Sory, responsable de fermentation pendant cinquante ans chez Motte-Cordonnier. Et la petite dernière, la Camille (une aïeule qui a compté dans l’histoire familiale), une IPA bien agrumée (ce mot n’existe pas, on sait, mais il devrait).

La nouvelle brasserie Motte-Cordonnier, à deux pas de l’ancienne.

Et voilà que la brasserie vient d’intégrer des locaux dans une ruche d’entreprises à quelques centaines de mètres de la brasserie historique. Henry peut enfin brasser chez lui. “On a une brasserie de 11 hectolitres, quatre fermenteurs de 22 hectolitres.À terme, il sera possible de brasser 1200 hectolitres par an. On vise 700 ho pour démarrer.” Mais surtout, cette brasserie toute juste installée est appelée à déménager. “On espère bien réintégrer le site historique.

Sous les cuves géantes, peut-être le site de la future brasserie.

Ce site, actuellement en chantier, accueillera des logements, des commerces, et… très certainement la brasserie familiale. Henry espère l’installer sous l’ancienne salle de brassage, entièrement classée, et très impressionnante. “On voudrait créer un tiers lieu, pour raconter l’histoire Motte-Cordonnier, brasser, raconter, accueillir nos client·e·s.” Pour le moment, rien n’est fixé, mais Henry espère y voir plus clair d’ici 2023.

Les anciennes et immenses cuves de la brasserie, avec Henry pour échelle.

En attendant, vous trouverez les bières Motte-Cordonnier un peu partout dans la région. On vous laisse avec le site internet de la brasserie, et ses réseaux sociaux : Facebook et Instagram.