Pourquoi la cheminée de la centrale Resonor, à Fives, fume encore ?

Dans C'est green, Lille
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En janvier dernier, la dernière centrale à charbon de Lille cessait de fonctionner. On en avait fait un article, et voilà. Affaire, classée. Sauf qu’il y a une petite dizaine de jours, des volutes de fumée se sont échappées d’une de ses cheminées. Du coup, on a posé la question à Dalkia, qui gère le site.

C’est un lecteur qui nous a alerté·e·s, pour être honnête. Pierre-Louis nous parlait de son étonnement de voir une des cheminées cracher de la fumée. “Le centre de valorisation énergétique d’Halluin n’est-il pas suffisant ? Les travaux de l’autoroute de la chaleur ont-ils pris du retard ? Quel combustible est utilisé et à quelles fins ?” Chez Vozer, on s’est dit que c’était une sacrée bonne question. Du coup, on s’est tourné·e·s vers la Métropole Européenne de Lille, vu que l’énergie est dans ses attributions. Et on a fini par avoir le 06 de Michel Talbot, patron de la communication chez Dalkia, la filière d’EDF qui gère le réseau de chaleur sur la métropole lilloise.

Parce qu’en fait, Resonor, à Fives, n’est effectivement plus une centrale à charbon, mais la chaufferie lilloise du réseau de chaleur métropolitain. Vous inquiétez pas, ça va devenir plus clair bientôt. Mais en préambule, Michel Talbot tient à insister sur un point : “On n’utilise plus du tout de charbon à Lille. Tout est hors service.” Maintenant qu’on est rassuré·e·s, voilà l’explication.

La métropole de Lille s’est dotée d’un réseau de chaleur très vaste, qui couvre une bonne partie de la métropole lilloise et valorise les déchets brûlés au centre de valorisation énergétique (CVE) d’Halluin. Pour vous la faire courte, un réseau de chaleur, c’est une manière d’exploiter la chaleur générée par la combustion de déchets ou de combustibles verts et de la transmettre ensuite au réseau. Dans le coin, on se chauffe donc au détritus. Tenez, cette vidéo résume très clairement en trois minutes en quoi ça consiste :

Pour le cas de Lille, c’est très simple : la centrale est l’une des six chaufferies de la métropole qui envoie de la chaleur aux bâtiments publics et autres logements reliés au réseau. Ce réseau court sur 62 kilomètres et un peu moins de 340 “abonnés” en sont membres. Cette année, Resonor a été connectée au CVE d’Halluin via l’autoroute de la chaleur, gros projet métropolitain de ces dernières années. Ça va, vous suivez ?

Chaufferie gaz à la rescousse

Bon. La centrale/chaufferie de Fives est donc un genre de relais du réseau de chaleur métropolitain. Il y a deux petites semaines, on ne sait pas si vous avez remarqué, mais il s’est mis à meuler sec. C’est tombé un peu d’un coup, et tout le monde s’est mis à chauffer sa maison, à prendre des douches un chouïa plus chaude, et donc à consommer plus. La chaufferie Resonor s’est mise à turbiner. Et on n’utilise pas ce verbe au hasard.

Une chaufferie gaz peut venir en appui lorsque c’est nécessaire (quand ça gèle, quoi). “On est sur de la cogénération, explique Michel Talbot, pour Dalkia. C’est un moteur qui fait tourner une turbine qui produit de l’électricité. La chaleur générée par la turbine est récupérée et vient en appui du réseau de chaleur quand on en a besoin.” Un même système crée de l’électricité et de la chaleur, en somme. On arrive au dénouement de notre histoire : c’est cette activité-là qui génère de la vapeur d’eau, qui condense dans la cheminée, et qui s’échappe par l’une d’elles. Voilà pour l’explication, Pierre-Louis.

On en a profité pour demander s’il y avait moyen de visiter cette chaufferie pour vous en rapporter quelques images. Figurez-vous que oui. Stay tuned, folks.