Camille Ropert la Lommoise qui questionne notre rapport au corps par ses images

Dans Culturons-nous, Lille

@Camille Ropert

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Originaire de Lomme, la photographe et réalisatrice Camille Ropert prépare un court métrage intitulé “Limnées” qui pourrait être prêt à la fin de cette année. L’artiste se concentre sur de nombreux thèmes qui lui sont chers : notre rapport au corps humain et son lien étroit avec l’eau. On a bu un café avec elle.

Un bonnet enfoncé sur sa tignasse brune, Camille Ropert s’avance timidement sur la Grand-Place de Lille. La ville lui rappelle des souvenirs. “J’ai grandi à Lomme, j’ai passé une grande partie de ma vie ici, dans la métropole“, se souvient l’actuelle habitante de Montréal. C’est en 2018 qu’elle décide de partir à l’autre bout du monde, à la rencontre de nouvelles cultures et d’autres personnes.

Là-bas, la jeune réalisatrice souhaite y développer des projets de façon indépendante. “Je travaille depuis quelque temps sur un court métrage intitulé Limnées en référence aux nymphes d’eau douce de la mythologie grecque“. C’est avec des convictions et une ambition aussi forte qu’elle se lance à corps perdu dans cette création, à mi-chemin entre la photographie et le film, avec son rapport au corps et à l’eau en ligne directrice.

Dans l’intimité des corps

Si Camille crée, c’est parce qu’avant tout, elle se pose des questions. Il y a par exemple l’impact que peut avoir le corps sur le quotidien, dans la sphère privée. Et la jeune trentenaire a passé un cap après avoir remporté le deuxième prix du concours “Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award” en 2015. Armée d’une photo intime de ses parents et avec la lutte contre le cancer du sein pour thématique, elle conquiert le jury. “C’est moi qui rasais la tête de ma mère pendant sa chimio, raconte-t-elle. Cet acte m’a profondément marquée je pense. J’avais l’impression de lui retirer quelque chose de très important

Cette pensée, on la retrouve déjà dans “Reprendrez-vous un peu de thé ?”. Une série où Camille est partie à la rencontre de personnes touchées par le cancer du sein. “Ce qui m’intéressait c’était de voir l’impact que ça avait sur elles, assure la désormais Montréalaise. Le rejet de leur propre corps revenait souvent et j’ai trouvé que c’était des paroles très fortes.” Il est question de femmes dénigrant leur féminité en raison d’une mastectomie, ou d’un homme moqué. “Ses collègues ont appris qu’il avait le cancer du sein et l’ont associé à la gente féminine, lui supprimant sa virilité“, regrette-t-elle.

Portée par cette même énergie, Camille travaille sur “Limnées” parce que “le projet s’inscrit dans la continuité de mon travail sur la vision du corps et sa place dans la société“. La jeune femme photographie des gens nus. Les scènes représentées traduisent des actions, des sentiments, comme le combat. Mais surtout, ces personnes sont immergées dans un lac.

@Camille Ropert.

Passion H2O

Quand je suis dans l’eau, plus rien d’autre n’existe, je suis uniquement concentrée sur ce que je fais, confie l’artiste. Cet attrait est né des histoires que me racontait mon père, marin à l’époque.” Camille perçoit dans le liquide transparent une façon de s’exprimer : “J’aime l’eau sous toutes ses formes, liquide, solide avec la glace et même en suspension via le brouillard.

@Camille Ropert

Cette passion pour l’eau, elle a notamment pu l’assouvir artistiquement par la réalisation du clip de “Ink”, de l’autrice-compositrice roubaisienne Lena Deluxe. La collaboration s’apprête à être réitérée pour “Limnées”. “Elle va se déplacer au Canada pour se joindre au tournage, fera une composition originale pour le court-métrage et s’occupera du mixage sonore“, tease l’ancienne Lommoise.

Dans un style naviguant entre le documentaire et la mise en scène, l’artiste transmet des émotions. Les modèles viennent à elle parce qu’ils ont quelque chose à lui partager. Les images traduisent ensuite les différents témoignages. On retrouvera ça dans le long métrage qu’elle réalise en parallèle. Nommé “Les Nouveaux Bisons”, il traite entre autres de l’impact du colonialisme sur la communauté autochtone des Namgis, en Colombie-Britannique.

@Camille Ropert

En attendant “Limnées” et “Les Nouveaux Bisons”, vous pouvez vous rendre sur le site officiel de Camille Ropert, ainsi que sur sa page Instagram. Vous y trouverez plus d’informations, mais surtout plus de photos.