Piscines, serre, éclairage, fontaines… Lille lance son plan de sobriété énergétique

Dans C'est green, Lille
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L’hiver qui arrive devra se faire sans gaz russe et l’Etat a donc appelé à la “sobriété énergétique”. À Lille, la mairie y a réfléchi cet été et vient de dévoiler une dizaine de mesures qui vont s’appliquer pour les deux hivers à venir. Elles vont essentiellement viser les équipements sportifs et les bâtiments publics et culturels.

Consommer moins d’électricité, ça vaut autant pour les ménages que pour les collectivités. Depuis un an à Lille, un “plan Climat” dresse la feuille de route de la mairie en termes de planification écologique pour justement mieux consommer. Et il vient d’être complété par un “plan de sobriété énergétique” dont les mesures sont plus “conjoncturelles” que “structurelles“.

Traduction : le plan Climat est là pour transformer structurellement en profondeur la ville sur le long terme tandis que le plan de sobriété revêt un caractère un brin “exceptionnel” : ses mesures n’ont pas forcément toutes vocation à être pérennisées après les deux hivers qui arrivent. Leur but est avant tout de faire face à la crise énergétique qui se profile.

On voit déjà les premiers résultats du plan Climat mais là, l’objectif est de baisser de 10% notre consommation énergétique sur les deux années à venir“, précise Audrey Linkenheld, première adjointe en charge de la transition écologique et du développement soutenable. C’est elle qui a dévoilé la série de mesures de ce nouveau plan de sobriété qui a dû jongler entre “économie et maintien du service public“.

Moins de lumière en ville

Vous l’avez peut-être déjà remarqué : depuis lundi, les bâtiments publics de la ville ne sont plus mis en lumière hormis ceux de la Grand-Place et la place de l’Opéra. L’éclairage public, lui, ne sera pas du tout impacté : “Il est déjà très peu énergivore et déjà gradué selon les heures de la nuit, précise l’adjointe. On ne l’éteint pas car il est d’utilité publique pour celles et ceux qui se déplacent et/ou travaillent la nuit.”

Une réflexion sur les illuminations de Noël est également en cours. “Il y aura des illuminations mais on réfléchit à réduire leur durée en les limitant peut-être de la Saint-Nicolas à la Saint-Sylvestre.”

Fontaines à vide

Fin août, on vous avait annoncé que la ville ne remettrait pas en eau la fontaine de la Grand-Place. Les raisons invoquées alors étaient les multiples dégradations qu’elle avait subies pendant l’été et l’alerte sécheresse sur la région. Une troisième raison vient de s’y ajouter : la fontaine étant aussi une grosse consommatrice d’eau et d’énergie, elle restera à sec pour le moment.

La fontaine de République (en face des Beaux-Arts) va elle aussi rester sans eau.

On baisse la température

Habituellement, la ville commence à chauffer ses bâtiments autour de la mi-octobre. Cette année, pas d’automatisme : on attend de voir comment baisse le mercure pour retarder si possible cette mise en chauffe. Et la température programmée va également être baissée un peu partout dans les bâtiments sportifs et administratifs de la ville :

  • 1 ou 2° en moins dans les musées et bâtiments culturels (sauf lors des expos temporaires pour des soucis de conservation des œuvres)
  • interdiction des radiateurs d’appoint dans les bureaux administratifs municipaux (où la température sera maintenue à 19°C)
  • extinction des radiateurs électriques dans les halles de Wazemmes
  • généralisation des 14°C dans les salles de sport de la ville (16°C pour les sports à pieds nus) et coupure des chauffages à partir de 20 heures
  • baisse de 2°C dans les piscines (26°C dans l’eau, 24°C dans l’air), fermeture des espaces détente pour l’hiver (sauna, hammam…) et suspension des activités bébés nageurs (où l’eau doit être à 30°C)

Les seuls bâtiments municipaux qui ne seront pas impactés par des baisses du thermomètre seront les EPHAD, les crèches et les écoles. Il y aura en revanche un regroupement des centres aérés par quartiers pendant les vacances scolaires dans les écoles les moins énergivores.

Bye-bye la serre équatoriale ?

Au Jardin des Plantes, la serre équatoriale est, comme son nom l’indique, l’abri de tout un tas d’espèces qui ont besoin de chaleur et d’humidité. Lille n’apparaît pas forcément comme une place de choix pour elles avec son climat continental et les chauffages sont nécessaires à leur survie. “C’est donc très énergivore et, surtout, le bâtiment est en mauvais état et aurait besoin d’une remise en état. Actuellement, la serre équatoriale représente quand même 1,14% de notre consommation énergétique à elle toute seule“, appuie Audrey Linkenheld.

La mairie étudie donc “très sérieusement” l’option d’un transfert des plantes. “Car même après une remise en état, le bâtiment qui abrite la serre n’est pas adapté et se détériorerait de nouveau“, affirme l’adjointe. Des plantes pourraient être conservées dans une autre serre de la ville tandis que celles qui ont le plus besoin d’une atmosphère tropicale partiraient vers d’autres contrées. Le bâtiment, lui, resterait debout et devrait être restauré.

Lille-Neige sans patinoire

Dernière info : cette année, Lille-Neige se tiendra toujours à Saint-Sauveur mais ce sera sans sa patinoire.

Voilà grosso modo les mesures de ce nouveau plan de sobriété énergétique lillois. D’autres sont également prévues en interne ou avec les assos et commerçants. Et comme on vous le disait plus haut : ces mesures sont pour l’heure au programme des deux hivers mais sont adaptables et réversibles.

Au total, la ville pense pouvoir économiser plus de 7 millions de KWh soit au moins 7% de l’ensemble des consommations annuelles d’énergie de la Ville.